Ils lancent un cinéma éphémère à la Jonction

Nouvelle VagueLe réseau de cinémas d’art et d’essai Zinéma vient d’inaugurer une petite salle au sous-sol d’une ancienne manufacture horlogère vouée à la démolition.

Lynn Devillaz et Laurent Toplitsch, respectivement projectionniste et gérant et du Cinéma CDD, situé à la Jonction.

Lynn Devillaz et Laurent Toplitsch, respectivement projectionniste et gérant et du Cinéma CDD, situé à la Jonction. Image: Laurent Guiraud

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Des fauteuils aux petites tables du coin bar, tout est de couleur bleue au Cinéma CDD. Une ligne droite traverse horizontalement les parois: elle indique le niveau du Rhône, qui flotte à quelques mètres de distance. Pour rejoindre la petite salle de cinéma, il faut en effet descendre au sous-sol de l’ancienne usine Stern, au 3, sentier des Saules. Le lieu est désormais exploité de manière temporaire par la coopérative artistique Ressources urbaines, la démolition du bâtiment étant prévue pour courant 2019.

Inauguré il y a tout juste deux mois, le petit dernier de la famille Zinéma a déjà trouvé son public, et surtout son équipe de projectionnistes. «Ils sont environ une dizaine, principalement des jeunes intermittents du spectacle, membres ou non de la coopérative, explique Laurent Toplitsch, le gérant. Je les ai formés par groupes, chaque soir pendant tout le mois de mars. Une seule personne doit s’occuper de la caisse, du bar et de la projection. Le plus important est d’apprendre à gérer les imprévus.»

Lynn Devillaz, 33 ans, travaille comme projectionniste pour la première fois de sa vie. «J’adore le cinéma, raconte la jeune femme. C’est comme un petit voyage dans un autre univers: on s’échappe pour se retrouver.» Le poste demande de l’engagement, mais revoir le même film plusieurs fois a ses avantages. «C’est en voyant «Chien» pour la deuxième fois que je l’ai vraiment apprécié. Il s’agit d’un film assez dérangeant et la première fois j’étais un peu stressée parce que c’était mon grand début.»

Au Cinéma CDD, les films restent à l’affiche pendant au moins trois semaines. «On dépend du bouche-à-oreille pour pallier le manque de publicité, remarque Laurent Toplitsch. On ne peut donc pas décider d’enlever un film après une semaine juste parce qu’il n’a pas attiré assez de monde. Les gens ont besoin de temps.» Le projet a été entièrement autofinancé et propose des abonnements de soutien. Un cycle dédié aux familles, «Pain, film et chocolat», animera les week-ends dès la fin du mois. «La durée déterminée du bail ne doit pas nous empêcher de développer des projets.»

(TDG)

Créé: 23.04.2018, 20h45

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