Kirk Douglas parle de «Spartacus», qui vient d’être restauré

CinémaA 95?ans, l’acteur dit «regarder en arrière». Il évoque le temps des «listes noires» et de la censure. «Vous ne pouvez pas imaginer comme ces années étaient dures.»

Kirk Douglas, 95 ans.

Kirk Douglas, 95 ans. Image: AP/Michael Mariant

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Le légendaire Kirk Douglas, 95 ans, a évoqué ses souvenirs à l’occasion de la récente projection d’une version restaurée de «Spartacus» à Los Angeles. Il a rappelé le climat délétère à l’époque de la sortie du film, en 1960, quelques années à peine après la fin du maccarthysme. «A mon âge, on ne regarde plus vers l’avenir. On fait l’inventaire», a déclaré la star de Hollywood, ovationnée par un public enthousiaste à son entrée dans la salle de cinéma peu avant la projection.

«Je suis très fier de faire partie de la communauté de Hollywood, parce qu’à Hollywood, on n’est pas divisés entre démocrates et républicains, on est entre Américains», a poursuivi l’acteur, qui éprouve quelque difficulté à parler. «Et je suis fier de types comme George Clooney ou Sean Penn qui dépensent leur argent pour aider les autres», a-t-il ajouté, faisant référence à deux acteurs connus pour leur engagement militant en faveur de plusieurs causes humanitaires. Une chose qu’il a souvent faite lui-même.

L’affaire Dalton Trumbo

L’acteur n’a pas oublié pour autant des heures plus noires pour Hollywood. «Spartacus», réalisé par Stanley Kubrick, et dans lequel Kirk Douglas incarne un gladiateur qui prend la tête d’une révolte d’esclaves dans la Rome antique, en est d’ailleurs un symbole. Quand il décide de produire le film, adapté d’un roman de Howard Fast, Kirk Douglas confie le scénario à Dalton Trumbo, un auteur sur la «liste noire». Le sénateur américain Joseph McCarthy avait mené une chasse aux sorcières anti-communiste dans les années 1950. Il en restait notamment cette trace.

Trumbo perçoit ses salaires sous un pseudonyme, mais Kirk Douglas met son vrai nom au générique du film sorti en 1960, un geste par lequel l’acteur affirme avoir mis fin au discrédit qui frappait encore les artistes placés sur cette liste noire. «A l’époque du maccarthysme, je vivais dans un monde… la plupart d’entre vous n’étiez même pas nés», a commencé l’acteur, avant de poursuivre: «Vous ne pouvez pas imaginer combien ces années étaient dures. Personne ne voulait employer les gens sur cette liste.»

Sous-entendus

Les ciseaux de la censure allaint au-delà de la politiques. «Spartacus» a également dû affronter les ciseaux de la censure, à une époque très puritaine. Une scène, aujourd’hui très connue, avait dû être coupée. Elle montre le général romain Crassus, l’ennemi de Spartacus interprété par Laurence Olivier, se faire laver dans son bain par son esclave Antoninus, joué par Tony Curtis.

L’homosexualité sous-jacente de la scène est renforcée par le dialogue entre les deux hommes. Crassus demande à son esclave s’il aime les huîtres et les escargots avant de lui dire que lui apprécie les deux. Une métaphore sexuelle jugée à l’époque choquante. «Cette censure, c’était idiot», a simplement commenté Kirk Douglas. (TDG)

Créé: 16.08.2012, 10h42

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