La justice bloque la sortie de «Don Quichotte»

CinémaLe conflit qui bloque depuis 18 ans le film quasi maudit de Terry Gilliam, était mercredi devant des juges parisiens.

Le cinéaste britannique Terry Gilliam, à la cour d'appel de Paris, pour le cas qui l'oppose au producteur portugais Paulo Branco, mercredi 4 avril 2018.

Le cinéaste britannique Terry Gilliam, à la cour d'appel de Paris, pour le cas qui l'oppose au producteur portugais Paulo Branco, mercredi 4 avril 2018. Image: Keystone

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La sortie en salles de «L'homme qui tua Don Quichotte» de Terry Gilliam est bloquée par un conflit judiciaire qui oppose le célèbre réalisateur britannique au producteur portugais Paulo Branco. Un tribunal français doit rendre sa décision le 15 juin.

Le volet principal de cette affaire, qui entretient une étonnante «malédiction» autour de ce film maintes fois enterré et ressuscité, a été examiné mercredi par la cour d'appel de Paris, a-t-on appris auprès des parties.

Ce conflit oppose depuis des mois le cinéaste britannique de 77 ans au producteur portugais, qui lui a racheté ses droits d'auteur-réalisateur. En échange, M. Branco s'engageait à faire preuve de transparence financière, à maintenir la date de tournage à octobre 2016 et à respecter les choix artistiques de M. Gilliam.

Durant la préproduction, de nombreux désaccords ont opposé MM. Gilliam et Branco, au point que ce dernier a décidé de ne pas débuter le tournage. Terry Gilliam s'est alors tourné vers la société espagnole de production Tornasol, avec qui il a pu réaliser son film entre mars et juin 2017.

Malédiction de 18 ans

En mai 2017, le tribunal de grande instance de Paris s'est prononcé en faveur de M. Branco, tout en rejetant la demande du producteur portugais d'arrêter le tournage, alors en cours.

«Paulo Branco dépense toute son énergie et son temps pour empêcher que ce film soit vu», a déploré Terry Gilliam mercredi. «Il essaye de se faire le plus d'argent possible sur le dos d'un film qu'il n'a pas produit», a ajouté le cinéaste. Il affirme que M. Branco lui demande une compensation de 3,5 millions d'euros.

«C'est absolument faux. Les décisions à prendre sur les montants seront à définir évidemment autour d'une table de négociation. Nous avons toujours accepté une médiation. C'est la partie adverse qui n'a pas accepté», a répliqué M. Branco, pour qui ce film «à 17 millions d'euros a été tourné de façon illégale».

Cet épisode judiciaire vient prolonger la «malédiction» qui frappe depuis 18 ans «L'homme qui tua Don Quichotte».

En 2000, Terry Gilliam avait dû abandonner le tournage de sa libre adaptation du célèbre ouvrage de Miguel de Cervantes, avec Jean Rochefort, Johnny Depp et Vanessa Paradis, en raison de multiples problèmes. Il avait par la suite tenté plusieurs fois de ressusciter son projet, échouant à chaque fois faute de financements. (ats/nxp)

Créé: 05.04.2018, 02h07

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