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De Jarmusch à Dupieux, entre zombies et folie

Si l’Américain a déçu avec ses morts-vivants en compétition, le Français a emballé la salle de la Quinzaine avec «Le Daim».

L'acteur français oscarisé Jean Dujardin incarne Georges dans «Le Daim».
L'acteur français oscarisé Jean Dujardin incarne Georges dans «Le Daim».
DR

On s’écrasait nettement moins les orteils que d’ordinaire, pour décrocher un fauteuil à la conférence de presse du grand Jim Jarmusch. Logique. «The Dead Don’t Die», satire écolo bourrée de références, où la surconsommation a fait dévier la Terre de son axe, poussant les cadavres à sortir des cimetières pour boulotter les vivants, n’avait pas déclenché un fol enthousiasme la veille, en ouverture de la compétition.

Après les vampires sous héroïne, le réalisateur a donc déçu en s’attaquant aux zombies et en délivrant son message un rien pesant sur ce monde qui ne tourne plus rond. Même si son auteur, affirmant qu’il ne s’intéresse absolument pas à la politique, se veut sarcastique et met de l’humour dans l’Apocalypse. Sans oublier son casting d’enfer avec Adam Driver, Bill Murray, Tilda Swinton, Iggy Pop, Tom Waits, Chloë Sevigny, Selena Gomez, Steve Buscemi…

Dujardin dialogue avec un blouson 100% daim

En revanche Quentin Dupieux, qui inaugurait la Quinzaine des Réalisateurs, a bien chauffé la salle avec «Le Daim», un film de fêlés où il fait à nouveau d’un objet banal un personnage de cinéma. Après le pneu tueur, un blouson diabolique que déniche Georges (Jean Dujardin), après avoir tout plaqué du jour au lendemain pour se retrouver dans un endroit qui fout les boules….

L’achat vire à l’obsession. Tout tourne désormais autour de ce blouson à franges trop court 100% daim, avec qui Georges ne tarde pas à parler. Ils ont chacun un rêve. Le blouson d’être seul au monde et Georges la seule personne au monde à en porter un. Cela finit par le plonger dans un délire criminel.

«Le dialogue entre les deux est très écrit. Je suis assez rigide sur le texte, l’impro est réservée à l’interprétation», explique Quentin Dupieux à l’issue de la projection. «J’avais envie de filmer un fou plutôt que de faire un film fou», précise par ailleurs le cinéaste.

Dans ce métrage qui pousse la mise en abîme «c’est plus fort que moi» et repose presque intégralement sur la performance de Dujardin, excellent, chacun y a mis ses névroses. «Nous sommes tous givrés». Y compris Adèle Haenel en serveuse de bar, qui a exigé d’être au moins aussi folle que son partenaire. L’objectif est atteint!

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