Il incarne Gaston Lagaffe

CinémaThéo Fernandez, une des vedettes des «Tuche», a été choisi… en dormant!

Théo Fernandez incarne Gaston Lagaffe dans le long-métrage de PEF: «Le succès d’un film m’importe peu. Si mes films ne pouvaient jamais sortir, j’en serais d’ailleurs heureux.»

Théo Fernandez incarne Gaston Lagaffe dans le long-métrage de PEF: «Le succès d’un film m’importe peu. Si mes films ne pouvaient jamais sortir, j’en serais d’ailleurs heureux.» Image: LAURENT GUIRAUD

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Pour passer sur grand écran, Gaston Lagaffe devait avoir un visage. Ce fut celui de Théo Fernandez, qui est tout sauf un inconnu, puisqu’il fait aussi partie de la bande des «Tuche», l’un des cartons de la saison 2018. Presque un enfant – il a 19 ans – le jeune homme est le seul à avoir fait le chemin de la promo pour venir nous voir. Rencontre avec un comédien lymphatique, assez proche du rôle qu’il incarne dans un «Gaston Lagaffe» médiocre et peu inventif.

Gaston Lagaffe a marqué une génération qui n’est pas la vôtre. Que représente-t-il pour vous?
Je le connaissais de nom, mais je dirais que tout dépend des parents. S’ils l’ont lu ou pas, s’ils ont les albums à la maison ou non. Astérix, c’est très différent, car il y a tous les films.

L’avez-vous lu?
Quelques albums, oui. Pour moi, c’est une espèce d’ovni. L’univers de la BD est assez réaliste et au milieu, il y a ce type décalé.

Comment l’avez-vous recréé ou plutôt comment vous êtes-vous coulé dedans?
Déjà, les costumes, les coiffures, le maquillage, tout cela aide beaucoup. Puis on a travaillé durant trois mois sur la philosophie de Gaston. J’ai lu beaucoup de choses afin de me faire ma propre idée. Pour moi, ce n’est pas quelqu’un de nonchalant. Il est mou, créatif sans être speed et bienveillant. Il n’a aucune arrière-pensée, ne voit que le bon côté des choses et reste perpétuellement dans son flegme. Sur la gestuelle, c’est PEF, le réalisateur, qui me conseillait. Pour l’incarnation, il m’a fait confiance.

Comment avez-vous été choisi pour ce rôle?
Tout a démarré sur une anecdote. Je devais passer un casting pour un film de Gérard Jugnot et je me suis endormi dans la salle d’attente. Le casting pour «Gaston» avait lieu dans les mêmes locaux et les producteurs m’ont vu endormi. Et ils m’ont fait appeler. Ils voulaient quelqu’un de «bankable», genre Vincent Lacoste. Mais moi, je n’étais pas «bankable». PEF ne savait pas que j’avais fait «Les Tuche». Il m’avait juste vu dans une série qui passe sur OCS. Mais vous savez, même PEF a dû passer un casting pour réaliser «Gaston».

Comment ça?
C’était au niveau des ayants droit. Il fallait que Dupuis, l’éditeur de la BD, caste le réalisateur. Pour les convaincre, PEF est arrivé déguisé en Gaston. Il a fait en sorte que les ayants droit soient assis en face de la rue d’où il allait arriver. Et là, il a créé et simulé un faux accident, sans aucun scénario. L’idée les a séduits et il a été engagé.

Vous êtes dans le casting de la franchise française qui marche le plus en ce moment, «Les Tuche». En retirez-vous une certaine fierté?
Franchement, je m’en fiche complètement. Et puis notoriété n’est pas synonyme de reconnaissance. Je préfère cinq personnes qui aiment un de mes rôles à cent autres qui veulent juste faire un selfie avec moi. Par chance, je n’ai pas encore de problème avec ça. On me reconnaît une ou deux fois par jour, c’est tout. J’ai horreur d’être traité différemment sous prétexte que je suis connu. C’est pareil dans certaines interviews. Dans l’émission «C à vous», on m’a servi à manger et posé des questions pourries. Du coup, je faisais le type qui s’en fout et ne joue pas le jeu. Je me suis fait tailler sur les réseaux sociaux directement après.

Donc vous n’avez pas d’ambition?
Non. Sinon d’être tranquille. De faire de petites pauses entre les tournages.

Vous aviez un petit rôle dans «Trois souvenirs de ma jeunesse» d’Arnaud Desplechin. Avez-vous envie de films d’auteur?
Oui. En plus, c’était une super- expérience. Ce que j’aime dans les films d’auteur, c’est qu’il y a une écriture en soi. Et même s’il y a de la profondeur dans n’importe quel rôle, le cinéma d’auteur me correspond davantage. Après, les films auraient sans doute moins de succès que ceux que je tourne. Mais le succès d’un film m’importe peu. Si mes films ne pouvaient jamais sortir, j’en serais d’ailleurs heureux. Je ne serais pas obligé d’en parler ensuite. Je n’ai pas besoin qu’on m’aime pour mon travail.

Quelle est votre formation?
Du théâtre de 6 à 13 ans. Depuis l’âge de 4 ans, je ne voulais faire que ça. C’était une obsession. Alors j’ai suivi des cours.

Vous aviez des modèles?
Pas en particulier. Juste un film que j’adorais, «Phantom of the Paradise» de Brian De Palma. Sinon je n’admire personne. Je ne peux pas admirer sans connaître. (TDG)

Créé: 06.04.2018, 08h55

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