Genève crève l’écran au ciné et à la télé

Installation vidéoÀ Saint-Gervais, une centaine d’extraits de films montrent que la Cité de Calvin brille dans l’imaginaire collectif.

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Quel est le point commun entre Goldfinger, Jonas qui aura 25 ans en l’an 2000, Trois couleurs Rouge et Le Loup de Wall Street? Réponse: Genève, tout simplement. La Cité de Calvin brille dans l’imaginaire collectif. Au Théâtre Saint-Gervais, une installation vidéo le prouve, qui projette rien moins qu’une centaine d’extraits de longs-métrages de cinéma ou de télévision, tous genres et nationalités confondus, sur trente moniteurs. Des pépites sur pellicule d’une durée de 15 secondes à trois minutes, qui mettent la ville du bout du lac en bonne place sur la carte du septième art, à l’enseigne de Genève ça tourne. Pour approfondir la thématique, une rétrospective inédite présentera début février six films «genevois», des plus connus aux plus inattendus, dans leur format d’origine.

Vaste tour d’horizon

Directeur du Théâtre Saint-Gervais, Philippe Macasdar est à l’origine de cette bonne idée. «Depuis des années, je rêvais d’une manifestation rassemblant le plus grand nombre de films liés, de près ou de loin, d’une manière ou d’une autre, à Genève», note-t-il. Afin de concrétiser ce projet enthousiasmant, le patron des lieux a pu s’appuyer sur l’expertise de Christophe Billeter. Tour à tour ou simultanément critique, chroniqueur, réalisateur, scénariste et exploitant de salle, ce cinéphile genevois connaît l’univers du cinéma comme sa poche.

Pour ce tour d’horizon vaste mais non exhaustif – les documentaires, courts-métrages, clips et jeux vidéo ont été délibérément laissés de côté – le commissaire de Genève ça tourne a pioché dans sa mémoire et mesuré son érudition avec celle d’autres passionnés. Il a aussi effectué des recherches sur Internet ainsi qu’en bibliothèques. «J’ai beaucoup potassé les dictionnaires du cinéma des années 60-70. À partir des années 80, j’avais les idées assez précises.»

En visionnant des kilomètres de pellicule, Christophe Billeter a eu la confirmation de ce qu’il pressentait: «Genève n’est pas cinématographique, mais filmique. Ce n’est pas une ville à laquelle on pense spontanément quand on fait du cinéma. Elle n’a pas les atouts de Paris ou de New York, rayon atmosphère. En revanche, on peut y trouver de bons angles, des points de vue intéressants.»

Envers du décor

Si le monde bancaire et ses secrets fascinent les cinéastes internationaux (Le loup de Wall Street, de Martin Scorsese), les Français et les Italiens s’intéressent volontiers à la haute bourgeoisie (Vie privée, de Louis Malle, L’adorable corps de Deborah, de Romolo Guerrieri). Et les Suisses? «Ils montrent souvent l’envers du décor, à l’image des Genevois Laurent Nègre, Romed Wyder, Nicolas Wadimoff ou Jacob Berger. Chez Alain Tanner, c’est même une obsession.» Si Jean-Luc Godard a peu filmé Genève, renforçant l’idée que chacun de ses films qui s’y déroulent (Petit soldat, Sauve qui peut la vie, For Ever Mozart) y a une signification particulière, Michel Soutter est le réalisateur qui a le mieux intégré les actions de ses personnages dans le paysage local. «Le cinéaste suisse qui filme à Genève veut sortir de la carte postale», conclut Christophe Billeter. Conséquence: «Leurs films s’avèrent. plus corrosifs que ceux tournés par Woody Allen à New York.»

«Genève ça tourne», jusqu’au 24 mars, Théâtre St-Gervais, rue du Temple, 5. Du lu au sa de 12 h à 18 h. Entrée libre.

(TDG)

Créé: 17.01.2018, 18h32

Michel Soutter pendant le tournage de «Haschich», en 1967. Le réalisateur des «Arpenteurs» a souvent intégré les actions de ses personnages dans le paysage genevois. (Image: DANIEL VITTET)

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