Des films qui se méritent encore plus que d'ordinaire!

Festival de CannesAlors que les contrôles se multiplient, la compétition s’annonce relevée, à en juger par les deux premiers films proposés.

Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Les queues interminables à Cannes, c’est banal depuis toujours. Elles se forment dès l’aube autour du Palais, pour ne cesser de grossir au fil de la journée, virant à la foire d’empoigne dès qu’une star pointe le bout de son nez, les festivaliers étant du coup carrément rendus à l’état sauvage! Mais cette année, avec les 400 agents de sécurité privés engagés par le Festival pour assurer le contrôle des accès au Palais et aux salles, dont ouverture systématique des sacs, passage aux détecteurs de métaux et palpation, la chose prend une toute autre dimension.

Plus particulièrement le matin pour les projections au Grand Théâtre Lumière. A l’entrée du périmètre, on vous pique ainsi tout ce qui paraît suspect pour le jeter à la poubelle. Cela va d’une bouteille d’eau à une pomme, en passant par le parfum, la boîte de sucrettes, le paquet de chewing-gum ou les pastilles haleine fraîche, tandis qu’on farfouille dans les crèmes solaires et qu’on ouvre les tubes de rouge à lèvres.

L’opération étant recommencée avec plus ou moins de diligence en haut des célèbres marches, inutile de préciser que tout cela prend un temps fou. C’est qu’il s’agit quand même de caser la bagatelle de 2500 spectateurs. Autant dire que les films du plus prestigieux rendez-vous cinématographique du monde se méritent encore davantage que d’habitude.

Déjà deux retours gagnants

Et la compétition s’annonce relevée si l’on en juge par les premiers proposés. A commencer par Nelyubov (Faute d’amour) d’Andrey Zvyagintsev. Trois ans après Leviathan, une critique féroce contre la corruption gangrénant le système politique qui lui avait valu le prix du scénario, le réalisateur russe dissèque implacablement la crise familiale.

En instance de divorce, Boris et Genia se déchirent sous les yeux de leur fils Aliocha, 12 ans, sans se préoccuper des dégâts qu’ils peuvent causer à l’enfant en terrible manque d’affection. Jusqu’à sa disparition.

Les disputes incessantes du couple de quadras font alors place à une deuxième partie en forme d’enquête, où Zvyagintsev se livre à une charge impitoyable contre les travers d’une société obsédée par les écrans, accrochée au portable, se focalisant sur l’égoïsme des adultes ne pensant qu’à leur bonheur. Un film coup de poing, brutal, implacable, glaçant, servi par une superbe mise en scène. On parle déjà d’une Palme d’or.

Deux ans après le magnifique Carol, Todd Haynes revient lui aussi, avec Wonderstruck sur la Croisette. «Nous sommes tous dans le caniveau mais certains regardent vers les étoiles.» C’est la phrase clé de son dernier-né, adapté d’un roman graphique de Brian Selznick, l’auteur d’Hugo Cabret.

L'intrigue se divise en deux parties, deux époques, deux styles. D’un côté, en 1977, Ben un jeune orphelin revenu sourd suite à un accident part pour New York à la recherche d’un père qu’il n‘a jamais connu. De l'autre, Rose, une enfant sourde et muette fugue elle aussi à New York en 1927, pour rencontrer son idole, une actrice hollywoodienne. Ils vont se retrouver par hasard cinquante ans plus tard dans Big Apple.

Une fable faite de magie, de rêves, d’émotions de découverte et d’émancipation qui séduit autant par la quête de ces deux enfants solitaires que par la reconstitution des années 20 et 70. Oakes Fegley et Millicent Simmonds portent le film aux côtés de Juliane Moore tenant deux rôles, celui de Rose adulte et de la star du muet qu’elle adulait. (TDG)

Créé: 19.05.2017, 08h10

Articles en relation

Première journée à Cannes

Festival du Film Des moments marquants, où l'on retrouve entre autres Barbara ressuscitée par Jeanne Balibar et Mathieu Amalric. Plus...

Dan Wechsler, le Genevois qui séduit les festivals

Festival de Cannes Avec sa société, Bord Cadre, il a cette année deux films à Cannes et squatte souvent d’autres gros événements. Portrait. Plus...

Glamour et polémique, c'est parti!

Festival de Cannes La 70e édition du grand rendez-vous de cinéma a débuté mercredi soir en France. Plus...

La polémique Netflix s’invite à Cannes

Cinéma La sélection en concours de deux films produits par le géant du téléchargement a déclenché un tollé. La fête débute ce mercredi soir sur la Croisette. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.