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«Chris the Swiss», quand le cinéma se fait hybride

Le film d’Anja Kofmel relève de plusieurs genres aussi opposés que le documentaire et le cinéma d’animation. Rencontre.

DR

À la fois documentaire, dessin animé et film politique, «Chris the Swiss» est une œuvre hybride. Et unique. En racontant l’étrange destinée de son cousin, reporter de guerre mystérieusement tué en Croatie en 1992, la cinéaste suisse Anja Kofmel se lance à la croisée de plusieurs genres et les dompte tous. Présenté à la Semaine de la Critique à Cannes, le film fait son bonhomme de chemin depuis et sort ce jour en salle.

«Il y avait plusieurs formes possibles pour raconter cette histoire-là, témoigne Anja Kofmel, qui est passée en Suisse romande en début de semaine. Mais aussi plusieurs options. L’animation, en soi, c’est comme la proposition d’un autre langage. C’est pour ça que cela peut escamoter le côté politique du film. On me pose souvent la question, d’ailleurs. Et je réponds que «Chris the Swiss» est un film politique sans en être un. Je dirais que son thème est politique, mais que sa perspective, ou plutôt son traitement, ne l’est pas.»

Malgré son aspect documentaire, le film a quand même nécessité un long casting. Pour les voix. «Je ne pensais pas que ce serait aussi difficile de les trouver. Pour Chris, je voulais qu’on ressente sa tension intérieure, qu’on voie ses deux visages (ndlr: il est «incarné» par le toujours excellent Joel Basman). Sinon, pour faire ma propre voix, j’ai aussi pris une actrice.» Aujourd’hui, on compare souvent «Chris the Swiss» à «Valse avec Bachir».

«Pourtant, l’un et l’autre sont si différents, obtempère la réalisatrice. «Valse…» n’a rien d’un film hybride. Il n’est pas constitué par des archives ni par des témoignages. Ce que j’aimais dans mon projet, c’est que les deux aspects qui y cohabitent apportent chacun une énergie propre. C’est pour ça que nous avons tourné dans un relatif désordre, d’abord quelques interviews, puis des dessins, puis du montage, et ainsi de suite.» Les dessins d’Anja Kofmel, on peut d’ailleurs aussi les voir en ce moment dans un autre documentaire, «Das Erste und das Letzte», de Kaspar Kasics, saisissant portrait d’une femme condamnée par le cancer.

«Chris the Swiss». Animation, suisse, 90’. Cote: **

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