A qui Cate Blanchett et ses jurés vont-ils décerner la Palme d’or ?

Festival de CannesSi aucun prétendant ne se détache absolument chez les critiques, «Capharnaüm» a de grands fans, à l’image de «Leto», «Burning», «En guerre»… Et Godard devrait être honoré.

Thierry Fremaux, directeur du festival, et Cate Blanchett, présidente du jury.

Thierry Fremaux, directeur du festival, et Cate Blanchett, présidente du jury. Image: EPA

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Le festival se termine ce soir avec la projection du « Poirier sauvage », signé par le réalisateur turc Nuri Bilge Celan. Pendant plus de trois heures, il raconte l’histoire de Sinan, un passionné de littérature. De retour dans son village natal d’Anatolie, il met toute son énergie à trouver l’argent nécessaire pour être publié. Mais les dettes de son père finissent par le rattraper.

L’auteur sera-t-il récompensé d’une nouvelle Palme d’or après « Winter Sleep » en 2014? Mystère. Comme pour les vingt autres prétendants d’ailleurs. Voilà qui n’empêche pas les pronostics d’aller bon train, chacun tentant de deviner qui va décrocher la Palme d’or dans cette 71 édition.

Ce qu'il faut pour plaire

Si aucun candidat ne se détache absolument, l’interminable ovation qui a suivi la projection publique très attendue de « Capharnaüm » poussent beaucoup à voir l’œuvre emporter le morceau. On espère que non. Mais de l’avis des fans, elle a ce qu’il faut pour plaire au jury présidé, rappelons-le, par Cate Blanchett.

Non seulement, atout certes non négligeable, il est signé d’une réalisatrice, Nadine Labaki. Mais la Libanaise, suivant le parcours le parcours chaotique de Zain Alrafeera, un gamin des faubourgs de Beyrouth beau comme un ange et bluffant dans le rôle, brasse toutes les thématiques sociales du moment: enfants maltraités, misère, sans papiers, migrants. Si « Capharnaüm » mérite vraiment son titre et nous montre une terrible réalité, on n’en a pas moins droit, avec grosse sortie de violons et happy end discutable à l’appui, à un mélo tire-larmes et moraliste.

Des engouements partagés ou non

Heureusement, d’autres films font figure de favoris à la médaille, ou du moins devraient se retrouver au palmarès. Projeté en début de festival, le Russe Kirill Serebrennikov, assigné à résidence à Moscou, a emballé une majorité de critiques avec « Leto », un long métrage exubérant et électrisant en noir et blanc sur la naissance du rock dans l’URSS de la Perestroïka.

Engouement que nous partageons, comme pour « Burning ». Le Sud-Coréen Lee Chang-dong propose un thriller lent et contemplatif, explorant des sentiments passionnels et pervers sur fond de jalousie, de rivalité et de différences de classe. Le Français Stéphane Brizé a logiquement séduit avec « En guerre », drame criant de vérité où des ouvriers se battent désespérément pour sauver leurs emplois. A l'instar de son compatriote Christophe Honoré avec « Plaire, aimer et courir vite », bouleversante romance gay dans les années 90 ravagées par le sida.

Plébiscités encore, bien que cela ne soit pas notre cas, « Cold War », du Polonais Pawel Pawlikosvski qui nous emmène, en noir et blanc, sur les traces d’un couple d’amants de Varsovie à Paris. Ou « Dogman » de l’Italien Matteo Garrone, une farce macabre mettant un scène un toiletteur pour chiens trahi, qui concocte une vengeance féroce.

Et on n’oubliera pas Jean-Luc Godard, qui sera sans doute distingué pour « Le livre d’image », un montage fascinant d’archives, d’extraits de films, de photos, de reportages télévisés, de fragments textuels ou musicaux. Mais on le sait, le journaliste propose et le jury dispose.

Verdict samedi soir lors de la cérémonie de clôture présentée par Edouard Baer dès 19h15 en clair et en direct sur Canal+. (TDG)

Créé: 18.05.2018, 19h36

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