Anaïs Demoustier, plaidoirie sur la Piazza

InterviewLa comédienne joue une avocate dans le film de son frère, «La fille au bracelet», dont la première a eu lieu avec succès sur l’écran géant du Locarno Film Festival. Rencontre.

L’actrice française Anaïs Demoustier a remporté l’adhésion sur la Piazza Grande, dans le film de son frère Stéphane, où elle interprète une procureure.

L’actrice française Anaïs Demoustier a remporté l’adhésion sur la Piazza Grande, dans le film de son frère Stéphane, où elle interprète une procureure. Image: Keystone

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«Nous sommes anxieux, mon frère et moi. Vous êtes les premières personnes à découvrir notre film.» Ainsi nous parlait Anaïs Demoustier, en contre-emploi parfait dans «La fille au bracelet», qu’a réalisé son frère, Stéphane Demoustier. Le film a connu sa première mondiale jeudi sur la Piazza Grande et nous tenons très vite à rassurer la comédienne: de l’avis général, c’est une réussite. Mais aussi un long-métrage relativement inhabituel pour la Piazza, puisqu’il s’agit d’un film à procès, genre dont on ne se rappelle pas d’autres occurrences dans ce cadre de plein air. Paradoxalement, le contexte étouffant du tribunal, sa rigueur formelle implacable, se trouve intensifié sur l’écran géant de Locarno. Anaïs Demoustier, dont le visage demeure juvénile – elle a la petite trentaine – y tient un rôle d’avocat général totalement inédit dans sa filmographie. On en a causé avec elle sur la terrasse de son hôtel.

Le fait d’être dirigée par son propre frère, même si vous aviez déjà tourné deux courts-métrages avec lui, complique-t-il les choses?

Oui, dans le cas présent, cela a amplifié les difficultés. Ma peur de le décevoir était forte. En plus, j’avais un doute: serais-je crédible dans un rôle de procureure? Nous avons tourné dans un vrai tribunal, il y avait constamment beaucoup de figurants, deux caméras, et dans chacun de mes plans, tous les regards étaient braqués sur moi. Tout cela est au final assez lourd à porter. Mais quel plaisir, en même temps!

Votre personnage n’interfère presque jamais avec les autres, hormis avec l’avocate de la partie adverse. Cet isolement n’était-il pas trop contraignant?

On peut le penser, oui, mais je me suis préparée comme pour une pièce de théâtre. Cela me permettait de mieux comprendre ce que j’avais à jouer, c’est-à-dire la personne qui porte l’accusation dans le procès. Pour débloquer mon personnage, je me suis servie de techniques de combat. Par exemple d’exercices pour porter la voix dans le but de déstabiliser l’audience. D’habitude, il y a davantage d’intimité dans les films. Là, je n’en avais pas du tout.

Êtes-vous allée assister à des procès? Avez-vous rencontré des avocats?

Oui, nous sommes allés au tribunal de Bobigny. Et il y avait un vrai avocat sur le tournage, qui tient d’ailleurs le rôle du juge.

De manière générale, qu’est-ce qui vous détermine à accepter un rôle?

Une grande part d’instinct. Je me demande si je dois y aller ou pas. Et le metteur en scène. Je préfère un petit rôle avec un metteur en scène que j’estime qu’un grand rôle avec quelqu’un que je ne sens pas. Exemple: «Au poste!» de Quentin Dupieux. Je n’avais que trois jours de tournage, mais c’était un bonheur.

Quelles sont vos ambitions?

Une chose est sûre, la célébrité ne m’a jamais attirée. Je préfère continuer à être dans la créativité, écrire, peut-être réaliser un jour, je ne sais pas. Tout cela me fait de moins en moins peur.

Aimez-vous les défis?

Oui, et je me sers du cinéma pour réveiller ma part de courage, de volonté, de goût du risque.

Avez-vous d’autres passions?

Le cinéma prend une grande place dans ma vie, mais j’adore la chanson. J’aurais adoré être chanteuse. En ce moment, j’écoute du Jeanne Moreau, je ne savais pas qu’elle avait autant enregistré.

Créé: 13.08.2019, 20h07

L’OFC fait sa tribune à Locarno

Comme chaque année, l’OFC (Office fédéral de la culture) tient séance durant Locarno et en profite pour faire quelques annonces devant la presse suisse. Jeudi matin, Alain Berset, Isabelle Chassot et Ivo Kummer – respectivement conseiller fédéral, cheffe de l’OFC et chef de la section cinéma –, ont ainsi communiqué dans plusieurs langues. On a notamment appris que la Suisse était le pays où les coproductions européennes étaient les plus nombreuses: 25 en 2018. Une version révisée de la Convention du Conseil de l’Europe en la matière vient d’être signée à nouveau. La politique culturelle se penche également sur le numérique, et notamment son archivage, afin de rendre le patrimoine suisse plus accessible. Quant aux fournisseurs de films en ligne, ils devront investir une part de leurs recettes dans le cinéma suisse. Enfin, la politique d’encouragement du cinéma a aussi comme objectif de garantir l’égalité entre les hommes et les femmes.
P.G.

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