Nicolas Bedos: «Je n’aime pas mon image»

CinémaAvec «Monsieur & Madame Adelman», l’acteur débute derrière la caméra.

Nicolas Bedos: «J’avais envie d’un cinéma gourmand, d’un cinéma qui galope.»

Nicolas Bedos: «J’avais envie d’un cinéma gourmand, d’un cinéma qui galope.» Image: Lucien Fortunati

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Nicolas Bedos est partout. Sur scène, à la télé. Et à présent derrière la caméra. Pour un premier film très réussi, Monsieur et Madame Adelman, histoire d’un écrivain fictif raconté par sa veuve. Ton entre drame et causticité, reconstitution des années 70 sans un accroc, maîtrise du sujet comme de son esthétique. Rencontre avec un «fils de» réellement doué.

On a l’impression que vous avez envie de tout faire. Aujourd’hui, vous passez à la réalisation. Vous le désirez depuis longtemps? C’est en effet l’aboutissement d’un rêve qui date. Pour y parvenir, je suis allé attraper de la notoriété à la télévision. Mais j’y ai aussi pris goût et me suis laissé aller. Du coup, certains m’adorent, d’autres me détestent. Il y en a même qui n’iront pas voir le film à cause de ça. Car on m’identifie toujours pour ce qu’on a vu de moi à la télé.

En racontant le destin fictif et post mortem d’un écrivain célèbre, pensiez-vous à quelqu’un en particulier?

Non, mais je n’ai jamais caché mon amour de la littérature. J’ai lu énormément de biographies. Et il y a beaucoup d’écrivains, en particulier au début du XXe siècle, dont la muse ou épouse est importante. Je pense à la veuve de Saint-Exupéry, à la femme de Paul Morand.

Le film comporte quelques effets de réel. Dans le but de brouiller les pistes en faisant croire qu’Adelman a existé?

Il y a un peu cette volonté et j’avoue que c’est excitant. Mais il y a aussi ce plaisir nostalgique de revoir des visages familiers, sortis par exemple de la télévision du passé. En reconstituant les années 70, je voulais d’abord montrer le vent de liberté ainsi que la profusion de philosophie, de lecture et d’engagement politique qu’elles charriaient. Les anecdotes de mon père ou de ses amis ont aussi nourri l’histoire. Depuis tout petit, j’en suis friand.

Comme dans «Sunset Boulevard» de Billy Wilder, votre film se structure comme un long flash-back sur la vie d’un homme avant sa mort. Vous y pensiez?

J’adore ce genre de structure narrative. Cela donne au film un tour plus romanesque. Titanic de Cameron et Amadeus de Forman sont conçus sur ce principe. C’est moins habituel dans le cinéma français, même si des cinéastes comme Truffaut ou René Clément savaient pratiquer le romanesque. J’avais envie d’un cinéma gourmand, d’un cinéma qui galope.

Le fait de tenir le rôle principal aux côtés de Doria Tillier, votre compagne et coscénariste, a-t-il rajouté une difficulté?

Au contraire, ça nous a beaucoup stimulés. Et s’il y a de l’appréhension, elle devient un moteur.

Etes-vous attentif à votre image?

Oui et non. Je ne l’aime pas, mais elle me décrit. Ma timidité naturelle m’a poussé à une certaine arrogance. Pierre Desproges ou Gaspard Proust sont différents à la télé et dans la vie. C’est aussi mon cas. Lorsque j’ai le trac, j’ai parfois tendance à répondre par de la provocation.

Pourtant, vous jouez beaucoup avec votre image.

Disons que j’ai l’humour un peu féroce. Et que je ne suis pas le mec le plus gentil avec lui-même.

Vous avez relativement peu tourné comme acteur.

Oui, j’ai favorisé ma liberté à la télé. Je voulais surtout me faire un prénom.

Comment portez-vous le nom de Bedos aujourd’hui?

Au début, les journalistes ne me parlaient que de ça. Mais les lecteurs de mes livres, plus jeunes, le connaissent moins. (TDG)

Créé: 14.03.2017, 22h52

City / Balexert
Cote: ***

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