Cannes accueillera Godard, le dernier "Star Wars", mais aucun film Netflix!

CinémaLa sélection officielle du festival a été dévoilée jeudi matin par son délégué général, Thierry Frémaux

"Le livre d'images", le nouveau Godard, sera en compétition à Cannes. Image: Keystone

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Présences, absences. Entre surprises inattendues et espoirs déçus, l'éternel ballet des films sélectionnés au festival de Cannes donne en général le pouls de la saison. C'est hier que Thierry Frémaux, son délégué général, flanqué de Pierre Lescure, président du festival, a dévoilé la sélection 2018 (du 8 au 19 mai). Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle parvient à déjouer les nombreux pronostics auxquels les gens du cinéma se livrent depuis quelques jours. Parmi les 18 films en lice pour la Palme d'or, on trouve des vétérans et des nouveaux venus, trois femmes, quatre productions asiatiques, et, une fois n'est pas coutume, aucune ex-Palme d'or. Seul Suisse du concours, et non des moindres, Jean-Luc Godard, que les médias hexagonaux continuent à considérer comme français, dévoilera "Le livre d'images", dont on ne connaît pour l'instant que deux visuels énigmatiques et ce synopsis sybillin: "Rien que le silence, rien qu’un chant révolutionnaire, une histoire en cinq chapitres, comme les cinq doigts de la main". Comme lors de chaque sélection cannoise, il créera l'événement et Godard ne viendra probablement pas en personne sur la Croisette. Plus étonnant, le retour (en grâce?) de Spike Lee, plus venu en compétition depuis près de trente ans. Son "Blackkklansman", polar sur fond de ku-klux klan, nous fera retrouver Adam Driver, aux côtés de John David Washington, davantage connu dans le monde du football américain. Autre thriller, "Under the Silver Lake" de David Robert Mitchell, avec un Andrew Garfield généralement bon, ferme la marche de la sélection compétitive américaine. Il faut peut-être y ajouter une coproduction avec l'Egypte sur laquelle on ne sait rien, "Yomeddine" de A.B. Shawky, seul film parlé arabe du concours. A côté de ces différents noms, il faudra compter sur une série d'auteurs connus et reconnus, comme Matteo Garrone, Christophe Honoré, Jia Zhang-ke, Jafar Panahi, Pawel Pawlikowski (dont on avait adoré "Ida"), Hirokazu Kore-eda, Alice Rohrwacher et Lee Chang-dong. Sans omettre Asghar Farhadi, qui fera l'ouverture avec "Todos lo saben" et le couple Penélope Cruz / Javier Bardem, comme ce fut annoncé il y a quelques jours. Tous ces gens parleront de politique et de société, via des films en phase avec le monde, ce qui, au fond, ne change pas d'une année à l'autre.

Netflix menaçait de boycotter

Hors-compétition, en plus du spin-off de "Star Wars", "Solo: A Star Wars Story", dont la présentation en première mondiale a été annoncée il y a une semaine, on pourra voir un documentaire sur le pape François signé Wim Wenders, "Pope Francis - A Man of His Word", et un Wang Bing de plus de huit heures, "Les âmes mortes". Ainsi que la production française la plus attendue de l'année, "Le grand bain" de Gilles Lellouche et son casting quatre étoiles (Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde, Virginie Efira, Mathieu Amalric, Jean-Hugues Anglade, Philippe Katerine et tout plein d'autres). Avec tout cela, la polémique Netflix ne connaîtra pas de deuxième acte cette année, Frémaux n'ayant sélectionné aucune production de la plateforme. Puisque Netflix refuse de rentrer en matière sur les sorties en salles et menaçait de boycotter le festival, Cannes refuse de prendre ses films. C'est du moins ce qu'on croit entendre. Les polémiques seront ailleurs, notamment dans les nouveaux horaires du festival, qui prévoit de ne dévoiler les films à la presse qu'après leurs présentations officielles, afin d'éviter que sites en ligne et médias print ou audiovisuels n'en parlent trop vite. Une affaire qui s'annonce tempétueuse et risque bien de transformer la physionomie de l'événement.

La cohorte des absents

Au-delà de cet étalage de noms, auxquels il faudra bientôt ajouter ceux des stars invitées à monter les marches et les jurés officiels (Cate Blanchett à la présidence, Ursula Meier à celui de la Caméra d'or), il faut également s'interroger cette année sur les nombreux absents de Cannes. Dolan, Kechiche, Sorrentino, Carax, Audiard, Steve McQueen, Gilliam, Damien Chazelle, Laszlo Nemes, Malick, Verhoeven, Ari Folman, Nuri Bilge Ceylan, James Gray, Assayas, étaient tous plus ou moins pressentis, à en croire les rumeurs, pour la compétition 2018. Pas prêts à temps? Pas assez convaincants? Pas volontaires pour se frotter au climat cannois? On ne le saura sans doute jamais. Voilà qui laisse un boulevard pour Venise... et Locarno. (TDG)

Créé: 12.04.2018, 16h30

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