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Camille et Julie Berthollet, un mano a mano pour Tannay

Auréolées d’un succès retentissant, les sœurs musiciennes font escale au festival Variations musicales.

Les Francos-Suisses Camille (à g.) et Julie Berthollet
Les Francos-Suisses Camille (à g.) et Julie Berthollet
PIERRE ABENSUR

Leurs traces témoignent d’une ascension effrénée, abordée d’une foulée agile et rapide. On pourrait les croire essoufflées par des mois de sollicitations de toute sorte, par de multiples prestations scéniques et par les exigences liées à la promotion de leur album. Il n’en est rien: Camille et Julie Berthollet continuent de s’afficher dans un état de grâce qui laisse pantois et qui se prolongera ce vendredi sous nos latitudes, pour le compte du festival des Variations musicales de Tannay. Ici, comme ailleurs, la violoniste et la violoncelliste croiseront leurs archets pour faire parler leur précocité et déployer l’étendue de leur entente artistique.

Si le cas de ces Franco-Suisses formées dans les travées du Conservatoire de Genève intrigue autant, c’est que leur chemin enfreint quelques lois qu’on croirait intouchables dans le milieu du classique. Prenons celle-ci, par exemple, qui imagine mal le succès et l’exposition médiatique d’un musicien n’ayant pas encore achevé sa formation. Camille Berthollet s’en est débarrassée très tôt, à l’âge de 16 ans déjà, alors qu’elle suit ses cours à Genève. Armée de son violoncelle, elle se présente au télé-crochet français «Prodige». Elle passe toutes les sélections, franchit tous les paliers et finit par remporter la mise, sous le regard d’un Gautier Capuçon conquis. Deux ans plus tard, en 2016, elle remet ça avec une Victoire de la Musique, dans la catégorie «Révélation instrumentale».

Ajoutons encore cette petite infraction: le refus opiniâtre des deux sœurs d’opérer un choix définitif de leur instrument de prédilection. Camille s’est fait certes connaître comme violoncelliste mais elle est tout aussi à l’aise avec le violon, qu’elle côtoie assidûment. Julie, elle, troque avec autant de facilité son violon avec l’alto et le piano, quand elle ne compose pas… Là encore, la marque d’un génie certain. Mais il y a davantage: alors que les meilleures aventures discographiques dans le domaine se soldent avec des chiffres de ventes plutôt étriqués, les sœurs sont parvenues à inverser la tendance en écoulant des milliers d’exemplaires de leurs publications.

Ce fut le cas de Prodige, premier album de Camille Berthollet. Et c’est le cas encore avec Camille & Julie Berthollet, premier album du duo, qui caracole en tête dans la liste des ventes. C’est à travers ces incursions discographiques que l’âme des deux sœurs s’est dévoilée pleinement. Ce qu’on y découvre? Un goût prononcé pour le grand répertoire. Mais aussi l’envie d’explorer d’autres horizons musicaux: de Scott Joplin à Edith Piaf, en passant par la musique de La Liste de Schindler. Un crossover qui a conquis grand public et mélomanes aguerris.

Camille et Julie Berthollet,aux Variations musicales de Tannay, Château de Tannay, ve 25 août à 20 h. Rens. www.musicales-tannay.ch

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