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Bruno Beltrão fait convulser la figure du migrant

Le chorégraphe brésilien issu du hip-hop est accueilli ce jeudi au BFM avec ses dix interprètes masculins.

La figure majeure de la danse contemporaine brésilienne vient sur le sol genevois pour «Inoah».
La figure majeure de la danse contemporaine brésilienne vient sur le sol genevois pour «Inoah».
KERSTIN BEHRENDT

Retenez votre souffle, ça va secouer. Une heure dans le tambour d’une machine à laver, à côté, c’est une sieste au coin du feu. Pour la première fois, sur l’invitation d’Antigel, la figure majeure de la danse contemporaine brésilienne vient sur le sol genevois dégoupiller la grenade qu’elle tient en main depuis 2017, «Inoah». Sept autres avaient explosé avant elle, avec pour résultat que le nom de Bruno Beltrão se répande dans le monde chorégraphique comme une traînée de poudre.

Depuis la création de son Grupo de Rua, en 1996 dans la banlieue de Rio, Beltrão cherche à transposer à la scène l’esprit et les techniques des danses urbaines qu’il pratique depuis l’adolescence. Dans sa ligne de mire: emmener le hip-hop au-delà de ses propres limites. Avec un diplôme d’histoire de l’art en poche, et un autre en philosophie, l’homme entend rien moins que déplacer la rue dans les théâtres. Pareil carambolage des territoires, forcément, remue.

Ils seront dix danseurs, ce jeudi, à vriller cinquante minutes durant sur le plateau du BFM. Dix hommes, le plus souvent en jupe, à évoquer la migration en déconstruisant les codes du hip-hop. Sur la musique aux accents industriels de Felipe Storino, sous l’éclairage crépusculaire de Renato Machado, les interprètes voltigent en solo, en duo, parfois en trio. Que leur tête plonge au sol ou que leur dos dessine l’horizon, c’est l’isolement d’un corps au sein de la communauté qui se matérialise. Cette solitude martiale, si elle peut s’étendre à tous, concerne ici la figure du «damné de notre temps». À Inoã, dans une région montagneuse proche de Rio, la compagnie a répété la chorégraphie six mois, avant d’atteindre une virtuosité telle qu’elle défie les lois de la gravité. Entre tressaillement, rebonds et sauts de carpe, on ira même jusqu’à dire qu’elle défie l’entendement. Voilà ce qui arrive quand on déplace des terrains entier.

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«Inoah»

Bâtiment des Forces motrices, Plus d'infos sur: antigel.ch

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