Bousculade d'époques à Prangins

Musée national suisseGrand succès des 20 ans du Musée, avec la HEAD invitée à défiler dans des tenues contemporaines.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

À Prangins on aime se costumer et défiler. Pour le dixième de ses rendez-vous historiques, le Musée national suisse a choisi de varier la garde-robe. Aux tenues anciennes s’ajoutaient, dimanche après-midi, des vêtements aux formes et à l’aspect jamais vus. Ils sortaient tout droit de l’imagination des étudiants de première année de bachelor de la Haute Ecole d’arts et de design de Genève (HEAD).

«Sous la houlette de leur professeure Natalia Solomatine, ces jeunes gens et ces jeunes filles ont été invités à s’intéresser à notre exposition temporaire actuelle», explique la directrice du Musée du Château de Prangins, Helen Bieri Thomson, elle-même somptueusement vêtue, comme échappée du film «Barry Lyndon» de Stanley Kubrick.

«Ils se sont intéressés à des personnalités abordées par «Indiennes: Un tissu révolutionne le monde!» Par exemple, le voyageur passionné d’Orient Jean-Baptiste Tavernier, devenu châtelain d’Aubonne, ou Madame de Pompadour, qui bravait les interdits commerciaux pour se parer d’indiennes à la mode.» C’est par la présentation de leurs créations que commence le défilé devant des centaines de spectateurs assis dans l’herbe.

«Hier soir, il devait y avoir plus de 2000 personnes ici pour l’illumination des abords du château», précise une marquise appelée Catherine Vermeil, directrice suppléante du Musée. «660 volontaires ont allumé 50 000 bougies», ajoute-t-elle.

Les modèles de la HEAD traversent la pelouse au son d’un orchestre qui fait penser par sa tenue à l’ineffable Rondo Veneziano. Son répertoire est plus varié et accompagne élégamment la parade du futur. Des habillements d’une sophistication héritée des grandes tenues de cour de la vieille Europe, avec une touche d’exotisme et beaucoup de plis, de revers, de traines et de colerettes. Dos ou pieds nus, bijoux, jambières, chapeaux, vertugadin (en plastique!) tout a été pensé avec une recherche extrême du détail signifiant. «Ils ont imprimé eux-mêmes leurs tissus», s’extasie Helen Bieri Thomson, une grande plume fichée dans son haut chignon.

Ce déploiement d’invention et de savoir-faire ne doit pas faire oublier les efforts déployés par les visiteurs eux aussi costumés. Ce sont eux qui ont assuré le spectacle depuis le début du grand pique-nique dans le parc du Château. Le XVIIIe siècle n’est pas le seul représenté. Cette année, le défilé est ouvert au XIXe et au début du XXe.

Un peu comme au carnaval de Venise, où les groupes costumés se promènent parmi les touristes, les hôtes de Prangins imposent une joyeuse bousculade d’époques. On rencontre une suffragette, un hussard, des danseurs de charleston, des dames 1900 promenant un grand chien, des enfants semblant sortis d’un pastel de Liotard, une Marie-Antoinette expliquant comment, de deux perruques achetées dans un magasin de farces et attrapes, elle en a fait une seule, digne de Versailles…

Pour ceux qui n’ont pas encore vu l’exposition sur les indiennes à Prangins, le temps presse. Elle fermera après le dimanche 14 octobre. Ce week-end de fête, elle a été visitée et commentée par des foules de curieux, donnant aux couloirs du château des barons de Prangins l’aspect d’un remuant carrefour des siècles.

Château de Prangins «Indiennes: Un tissu révolutionne le monde!» à voir jusqu’au 14 octobre. www.nationalmuseum.ch/f/prangins/

Créé: 30.09.2018, 20h35

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Coronavirus: le Salon des inventions de Genève reporté en septembre
Plus...