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Le blues des photographes de concerts

Témoins du rock, ils ont montré l’envers de Bowie et Nirvana. En 2015, face au déluge de clichés numériques, ils composent avec des artistes devenus obsédés par la gestion de leur image.

Lady Gaga et Tony Bennett, lundi 6 juillet, 49e Montreux Jazz Festival. Unique cliché du concert approuvé par la chanteuse, cette photo est mise à disposition avec la mention sans équivoque: «Interdit à la vente, interdit d’archivage, interdit à l’usage des campagnes publicitaires». Diffusée auprès des médias par l’agence Reuters, l’image a été réalisée par Marc Ducrest, photographe officiel de la manifestation vaudoise.
Lady Gaga et Tony Bennett, lundi 6 juillet, 49e Montreux Jazz Festival. Unique cliché du concert approuvé par la chanteuse, cette photo est mise à disposition avec la mention sans équivoque: «Interdit à la vente, interdit d’archivage, interdit à l’usage des campagnes publicitaires». Diffusée auprès des médias par l’agence Reuters, l’image a été réalisée par Marc Ducrest, photographe officiel de la manifestation vaudoise.
Reuters

La même photo, partout, dans tous les médias. Un cliché unique, d’une neutralité totale, approuvé par l’artiste, son manager tout du moins. Lady Gaga dans les bras de Tony Bennett, Lady Gaga en archivedette du Montreux Jazz Festival, capturée lundi dernier sur la scène de l’Auditorium Stravinski. Des paillettes, du rêve. Mais à une condition: contrôle total de l’image. Rien ne déborde. Rien ne transparaît — et rien ne paraît — d’autre que ce que l’artiste veut montrer d’elle, de son art. Qui semble bien fade, dès lors. Frustration pour le photographe, dont le regard original ne compte plus. Déception probable du lecteur, qui n’apprend rien de neuf sur les pérégrinations lémaniques de la diva emperruquée.

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