Passer au contenu principal

Un été blanc et sec attend les festivaliers

Historique! Paléo, Montreux Jazz, Caribana, la Cité… Les grands rendez-vous prévus d’ici fin juillet devraient tirer la prise de leur édition 2020.

Pas de Paléo ni de Montreux Jazz Festival, en 2020! Ni de Festival de la Cité ou de Caribana. Rien ne sera officiellement confirmé avant la fin de la semaine mais, c’est presque un secret de Polichinelle, un été blanc guette les festivaliers romands. Du moins jusqu’à la fin de juillet. À Lausanne comme à Crans-près-Céligny, sur La Côte comme sur la Riviera, les organisateurs des grands rendez-vous culturels ou musicaux savent qu’ils ne dérouleront pas leurs programmations telles qu’elles avaient été imaginées.

Lundi soir, la France annonçait l’interdiction de tous ses grands rassemblements jusqu’à mi-juillet. Sonnant le glas des prochaines éditions des Eurockéennes ou d’Avignon. En Suisse, c’est la conférence de presse du Conseil fédéral prévue jeudi qui lancera la salve de reports. De sources proches du ministre de la Santé Alain Berset, le Conseil fédéral serait effectivement en train d’évaluer les risques d’une interdiction comparable à celle décidée par Emmanuel Macron. Mais les chances pour qu’il la prononce et décrète une «force majeure» – de quoi permettre ainsi aux organisateurs de sauver les meubles et stopper les frais engagés – seraient très faibles.

Tout se jouera ensuite au niveau cantonal. Quoi qu’il en soit, les professionnels savent désormais qu’il n’y a quasi plus aucun espoir d’allumer des enceintes en juin ou en juillet. Au Montreux Jazz, à Paléo, à Caribana, au Festival de la Cité et même à Festi’neuch, la seule issue possible et réaliste se résume désormais à une annulation. «Pour nous, la pression n’est pas la même que celle subie par les festivals de musique, explique Gilles Valet, attaché de presse du rendez-vous lausannois culturel gratuit qui investit la vieille ville début juillet. Nous ne dépendons pas des recettes d’une billetterie dont l’ouverture doit être retardée. Nous ne nous faisons aucune illusion sur l’avenir, mais cela nous rend beaucoup plus flexibles.»

Paléo sur un plan C

Contacté mardi, le directeur de Paléo répète ce qu’il confiait il y a une semaine déjà: «On espère une interdiction, cela simplifierait les choses pour tout le monde.» Mais Daniel Rossellat ose désormais: «Si ce n’est pas le cas, nous serons alors obligés de prendre la décision nous-mêmes. Aujourd’hui, nous ne travaillons plus que sur le plan C, soit le report de notre programme à l’année prochaine, une sorte de copier-coller.» Le plan B, qui consistait à imaginer une alternative au festival ou le repousser de quelques mois, a finalement été écarté. Plus le temps avance, moins la manifestation agendée du 20 au 26 juillet n’aura de probabilité d’être mise sur ses rails. «Les chances s’amenuisent en effet de jour en jour et sont aujourd’hui proches de zéro. Nous sommes pratiquement dans l’impossibilité de planifier le chantier des montages.»

Si le géant nyonnais n’a pas encore annulé de son propre chef, c’est par solidarité envers les autres festivals suisses et européens avec qui il se coordonne depuis plusieurs semaines. À Caribana, par exemple, où le timing est plus resserré – l’édition 2020 est prévue du 17 au 21 juin –, on continue à travailler sur les deux scénarios. «Nous n’avons pas d’autres solutions que de foncer en attendant la décision du gouvernement, réagit le directeur, Tony Lerch, du festival de Crans-près-Céligny. Les jours sont comptés, nous allons devoir engager des frais très importants et verser des acomptes aux artistes…» Même son de cloche du côté de Festi’neuch: sans prise de position politique, son avenir s’annonce noir.

Plusieurs scénarios pour le MJF

L’éternel optimiste directeur du Montreux Jazz est plus mesuré. Mathieu Jaton ne peut toutefois cacher un certain pessimisme à voir son festival se réaliser tel que nous le connaissons. Contrairement au géant nyonnais, le festival de la Riviera propose des concerts indoor, dans des salles à plus faibles capacités. Cette carte de visite lui permet de réfléchir à différents scénarios, peut-être à une autre période de l’année. «Nous travaillons avec objectivité et lucidité, assure-t-il. Nous ne sommes pas naïfs sur la situation. Mais certaines hypothèses restent encore viables à ce jour, même si le temps ne joue pas en leur faveur. Nous devons les analyser en gardant la tête froide, en attendant, semaine après semaine, l’évolution des directives sanitaires et sécuritaires.»

Dans le cas où le Conseil fédéral ne prononcerait pas l’interdiction des festivals d’été, Mathieu Jaton sait qu’il ne fera pas cavalier seul, en Suisse comme à l’étranger. «C’est comme un château de cartes. Si tous les festivals européens annulent les uns après les autres, nous ne pourrons pas tenir seuls en Suisse. Ce serait irréaliste et irresponsable.» Les décisions seront prises rapidement par le conseil de fondation du Montreux Jazz, seul organe à pouvoir décréter une annulation du festival. Celui-ci se réunira, jeudi soir, afin de prendre «une décision claire et rapide», promet le directeur. Sans édition 2020, restera au MJF la possibilité de jouer la carte de ses autres activités, que ce soit les Cafés, sa Jazz Artists Foundation et son Academy, ou encore sa plateforme audiovisuelle. Autant d’options qui ne changeront pas l’été historique et blanc qui s’annonce.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.