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Avec BIG, les expériences artistiques se partagent

Pendant trois jours, les espaces d’art indépendants vont investir la plaine de Plainpalais avec des propositions qui brouillent les limites.

Les containers installés sur la plaine recréent une cité-jardin utopique où naissent des propositions artistiques.
Les containers installés sur la plaine recréent une cité-jardin utopique où naissent des propositions artistiques.
STEEVE IUNCKER-GOMEZ

Depuis quelques jours, une forêt de containers maritimes bleus a poussé sur la plaine de Plainpalais. Cette apparition marque la tenue d’une nouvelle édition de BIG, la Biennale des espaces d’art indépendants de Genève. Après le Stonehenge, il y a deux ans, cette construction-ci évoque une cité-jardin utopique.

«Nous n’avions pas fini d’explorer les possibilités offertes par les containers, raconte Jérôme Massard, l’un des coordinateurs. Et nous aimons l’idée de détourner un outil de standardisation qui définit l’échange de marchandises, dans le cadre d’une manifestation qui fait des propositions non standardisées.»

Née en 2015, sur les cendres de la Manifestation d’art contemporain organisée par la Ville de Genève, cette biennale vise à valoriser la scène alternative, moins visible que les institutions, et à mettre en lien les espaces d’art indépendants. Sa première édition avait attiré des centaines de personnes sur la plaine.

Nid géant et jardin d’eau

Cette année, BIG voit encore plus grand. Pas moins de soixante espaces d’art, associations, artistes et collectifs participeront à l’événement, qui durera trois jours. Dans et autour des containers, les créateurs partageront avec le public des expériences d’art contemporain, plutôt que de simplement donner à voir un objet fini. Et en brouillant souvent les frontières entre les arts plastiques, la musique, le théâtre ou le cinéma.

Tout en buvant un verre ou en mangeant un morceau, on pourra se réfugier dans un nid géant, graver son disque, regarder un film dans un hamac, construire un terrain de jeux, suivre un parcours initiatique, admirer un jardin aquatique, prendre des photos à l’ancienne… Il sera question de notre rapport à l’image, de phare, d’utopie, d’économie de marché, d’urbanisme ou d’agriculture affective. Sans oublier des concerts et des performances-surprises.

Si les organisateurs ont choisi les différents espaces d’art qui investiront chacun un container, ils leur ont laissé une totale liberté quant au contenu. «Pour certains lieux, nous ne savons même pas ce qui va se passer, sourit Jérôme Massard. Nous revendiquons le droit de créer sans obligation de plaire à tout le monde, sans contrainte de rentabilité.»

Cette année, outre les espaces d’art locaux comme Forde, l’Espace Kugler, Halle Nord, le Labo ou le Centre de gravure, il y aura des invités de Suisse et de l’étranger. L’ensemble donnera un aperçu de la variété et du dynamisme de l’art d’aujourd’hui. «Nous revendiquons notre place dans la scène culturelle genevoise», relève Richard Le Quellec, autre coordinateur.

Des artistes ou collectifs d’artistes en mal d’espaces pour monter leurs projets ont aussi été conviés. «Avec la raréfaction des lieux alternatifs comme les squats, cela devient difficile, note Jérôme Massard. Et nous voulons donner la possibilité à d’autres personnes que les commissaires, curateurs ou historiens de l’art de gérer un espace…»

A vingt mètres du sol

Le point culminant, si l’on peut dire, consistera en une vigie perchée à vingt mètres du sol, sur laquelle Abraham Poincheval vivra pendant cinq jours. Une expérience qu’il a déjà menée dans différents lieux. «Sur cette plate-forme, qui est un espace à la fois privé et public, je m’immerge dans le quotidien d’un lieu, ce qui me permet de le voir différemment, explique l’artiste. Et cela s’intègre bien dans le concept d’une ville utopique!»

BIGVe 16 juin de 18 h à minuit, sa 17 juin de 10 h à minuit et di 18 juin de 10 h à 22 h, sur la plaine de Plainpalais. www.bigbiennale.ch

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