Pour lui, vous êtes tous les bienvenus

PortraitDan Acher a posé sa marque sur plusieurs manifestations. Jamais à court d’idées, il lance une campagne mondiale.

Dan Acher fourmille d’idées et lance de multiples actions pour favoriser l’échange et le lien social.

Dan Acher fourmille d’idées et lance de multiples actions pour favoriser l’échange et le lien social. Image: STEEVE IUNCKER-GOMEZ

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Activiste urbain? Arrangeur de vies communes? Chercheur de sens? Une chose est sûre, Dan Acher est partout et vous le connaissez. Si, si… Vous l’avez croisé à coup sûr, lui ou l’une de ses créatures. Comme ces 200 boîtes d’échange où on peut déposer des livres ou des objets dans les divers quartiers de la ville. Ou ces pianos qui fleurissent aux coins des rues l’été venu. Ou encore Cinétransat, au bord du lac. Certaines de ses idées sont soutenues par les collectivités publiques. D’autres, c’est tout seul qu’il les lance.

Comme sa dernière campagne «Tu es bienvenu.e ici». Son principe: on télécharge un modèle d’affiche, on l’adapte et on la pose et, croyez-y ou pas, pour montrer comment on fait, Dan Acher tapote sur son ordinateur en chantonnant la musique des Aventuriers de l’Arche perdue… Lancée il y a quelques jours (voir note), la campagne virale a déjà atteint 23 pays: «En Nouvelle-Zélande suite aux attaques de Christchurch, elle est partie très fort: il y a un besoin de contrer les discours de haine et de division et j’aimerais voir naître un tel symbole.» À Genève, le succès se profile aussi: on apprenait hier que le Festival du film et forum international des droits humains allait collaborer avec cette campagne.

Un vrai Genevois comme bien d’autres

La nausée. C’est la nausée face aux mauvaises nouvelles du monde qui sont à l’origine de ce projet. «Fin 2017, raconte Dan Acher, je n’en pouvais plus d’entendre les nouvelles d’Italie, de Hongrie, des États-Unis. Un sentiment d’impuissance me prenait à la gorge.» Mais au dernier étage de l’immeuble qui abrite ses locaux, il voit une hampe. Et voilà. Voilà quoi? La plupart d’entre nous l’auraient laissé tranquille cette hampe, lui décide de suspendre un drapeau de deux mètres sur trois, personnalisable, assorti d’un slogan «répondant aux messages d’exclusion et de division». Et il lance une campagne mondiale.

Dan Acher est né en 1971 à Bangkok d’un père Bulgare et d’une mère Polonaise. Quand la famille s’installe à Genève, il a deux ans, la greffe prend: «Je me considère comme un vrai Genevois. Le produit d’un mélange et qui aime sa ville.»

Est-ce à cause de ses origines? De ses études d’anthropologie sociale à Auckland? Dan Acher a la manie de fédérer, d’agir ensemble. Le point commun entre ses projets: «Je participe à la création d’une ville dans laquelle je souhaiterais vivre. Je veux donner aux autres un sentiment d’appartenance, de confiance et donc de sécurité que j’espère ensuite ressentir en retour par leur intermédiaire.» Et les autorités, qui se rendent bien compte qu’une société existe en faisant corps avec ses membres, achètent ses idées.

Quelle est sa méthode? Sur le papier, elle est toute simple. Elle consiste à construire des événements dans lesquels chacun peut agir: «La boîte aux livres, on peut la remplir, la vider, la nettoyer, la ranger. Chacun fait comme il veut. Quand on fait confiance à la population, elle s’approprie les choses et s’en occupe.» Il cite en exemple les pianos de rue. Pas de vandalisme sur les instruments. «Souvent, quand il pleut, les gens abritent les instruments sous les bâches et continuent de jouer.» Les habitants ont l’occasion d’être actifs. Et puis des habitudes se créent.

«Ça ne va jamais marcher»

«Ça ne va jamais marcher…» C’est la phrase qui revient en boucle au début de chaque projet. Les boîtes d’échange? «On m’a dit qu’elles seraient pleines de manuels informatiques en russe!» Mais il semble qu’il y ait un intérêt même pour les manuels russes… «Cinétransat? Ce sera enfoui sous les ordures.» Les soirées de projection drainent des milliers de spectateurs, mais seul un sac de déchets est ramassé en fin de soirée par les organisateurs. Le reste est rassemblé par le public.

Alors que sa dernière invention, une machine à créer des aurores boréales à la demande, tourne dans le monde, Dan Acher n’est pas près de renoncer à créer. «J’ai un stock de 200 idées qui attendent», promet-il. Alors que les évolutions technologiques, comme les réseaux sociaux, posent des problèmes nouveaux et sont parfois mises à profit par ceux qui veulent abaisser l’humanité, l’activiste genevois appelle à l’éveil, à la participation et à la confiance.

Site : https://theinclusivecityproject.org

Créé: 12.06.2019, 20h28

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