Bertolt Brecht tend la main

CritiqueA La Comédie, Joan Mompart monte «L'Opéra de quat'sous» avec Thierry Romanens dans le rôle d'un Peachum porte-parole de Brecht.

Quand la fille du mendiant Peachum, Polly (Charlotte Filou), s'accoquine avec le truand Mackie (François Nadin), leur Lied d'amour fait un pied de nez à «Titanic».

Quand la fille du mendiant Peachum, Polly (Charlotte Filou), s'accoquine avec le truand Mackie (François Nadin), leur Lied d'amour fait un pied de nez à «Titanic». Image: CAROLE PARODI

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Tout le monde est concerné par L’opéra de quat’sous. Quatre-vingt-huit ans après sa création, la bombe artistique née de la collaboration entre Bertolt Brecht et Kurt Weill continue de projeter ses fragments incisifs. Les communicateurs pourraient bien se reconnaître dans les mendiants de la fable, les actionnaires dans ses malfrats. Moyennant quelques transpositions, la portée politique garde son actualité et la forme hybride, tressant dialogues et songs, sa pertinence. Plus encore, les contradictions assumées des raisonnements zèbrent le ciel des simplismes si souvent en gloire aujourd’hui.

La production dépasse le budget de «quat’sous». Une structure tubulaire patinée, fixée sur un plateau tournant, accueille à l’étage l’orchestre de dix musiciens dirigé par Christophe Sturzenegger. En dessous, huit comédiens chanteurs tricotent avec ardeur leurs 28 rôles d’exclus – clodos du clan Peachum, bandits de la bande à Mackie, flics véreux, généreuses putains – avec, à la tête du cortège, Charlotte Filou en retentissante Polly, transfuge d’un camp à l’autre. Les chansons claquent, la mécanique burlesque s’emballe, les signaux de la distanciation clignotent.

Pour personnaliser sa mise en scène, Joan Mompart a de plus cette proposition osée: déguiser le roi des gueux (Thierry Romanens), celui qui, par le levier de la comédie, agit sur la charité chrétienne des bourgeois, en nul autre que Bertolt Brecht lui-même – frange, veste de cuir, lunettes rondes et cigare au bec. Une fausse bonne tentation qui, ajoutée aux quelques longueurs et lourdeurs du spectacle, édulcore son potentiel explosif.

L'Opéra de quat'sous La Comédie, jusqu’au 20 mars, 022 320 50 01, «www.comedie.ch»

Créé: 03.03.2016, 17h47

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