Beigbeder, Oona et Beigbeder

CritiqueLe dernier roman de Frédéric Beigbeder, Oona&Salinger donne à l'auteur français une nouvelle occasion de parler de lui-même.

Genève, le 29 avril 2012. Frédéric Beigbeder joue au DJ et mixe au Club Baroque, à la place de la Fusterie.

Genève, le 29 avril 2012. Frédéric Beigbeder joue au DJ et mixe au Club Baroque, à la place de la Fusterie. Image: Magali Girardin

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Le dernier roman de Frédéric Beigbeder s’intitule Oona & Salinger, mais il aurait très bien pu s’appeler Oona, 17 ans, et Charlie Chaplin, 53 ans, et ce que leur différence d’âge explique chez Beigbeder, 48 ans, et sa nouvelle femme de 25 ans sa cadette.

En effet, l’auteur de L’amour dure trois ans ne peut s’empêcher de commencer son roman en parlant de lui-même et de son obsessionnel jeunisme. Le livre conclut sur le même thème, et le lecteur apprend la rencontre de Beigbeder avec une jolie brunette fraîchement issue du Collège Calvin, Lara Micheli, dans un club huppé de la Vieille-Ville de Genève.

Entre les deux, l’auteur adule le charme adolescent d’Oona O’Neill, une «it-girl» issue de la bourgeoisie new-yorkaise des années 40, fille du Prix Nobel de littérature Eugène O’Neill, une «perfection de fille de la haute société», dit-il. Il raconte sa rencontre avec Charlie Chaplin à Los Angeles en 42, leur coup de foudre, leurmariage, leurmaison à Vevey et leurs huit enfants. Non sans énumérer les couples célèbres présentant une grande différence d’âge sur plusieurs pages.

Et J.D. Salinger? L’auteur de L’attrape cœur, que Beigbeder a failli rencontrer en 2007 s’il avait osé frapper à la porte de sa cabane isolée dans une forêt du New Hampshire, ne semble lui servir que de caution intellectuelle. L’auteur le représente en benêt jaloux et mené par le bout du nez par Oona, toujours en goguette au Stork, le bar branché de New York, avec ses amis de la jeunesse dorée, parmi lesquels un certain jeune homme blond au visage poupin nommé Truman Capote.

Un patchwork d’anecdotes mondaines, de romance cynique, de photos, d’invitation à visionner le casting filmé d’Oona («Mettez-vous sur YouTube.com et tapez Oona O’Neill»), de fantasmes et de journal intime, le tout ficelé par un style oral et des phrases en anglais moyen.

S’il existait une version livre d’un magazine people, ce serait celui-là.

«Oona & Salinger» de Frédéric Beigbeder, Grasset, 331 p. A paraître le 20 août.

Cet article est paru dans nos éditions payantes du samedi 16 août 2014.

Créé: 26.08.2014, 18h13

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