Baz’Art fait des merveilles avec les fonds de tiroir

FestivalSamedi et dimanche, la 10e édition réunit concerts, pièces d’art et autres «curiosités» à la rue Lissignol.

Claire Mayet et Simone Aubert, programmatrices du festival Baz’Art, 10e édition.

Claire Mayet et Simone Aubert, programmatrices du festival Baz’Art, 10e édition. Image: Lucien Fortunati

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Ça prend les allures d’une foire d’art, mais en version échevelée, extravagante. Ça ne se passe pas dans l’espace immaculé d’une galerie, ni dans une halle polyvalente. Où, alors? Dans la rue! Et dans les immeubles, et les commerces, pour finir chez les gens, dans leur salon.

Baz’Art, 10e édition, sort samedi et dimanche à Lissignol ses «curiosités participatives» et autres performances décadrées. On y va pour découvrir des musiques inédites, des installations artistiques jamais vues pour la plupart. On s’y rend pour l’ambiance également: à deux pas de la rue de Chantepoulet et son trafic intense, voilà un coin de ville particulièrement accueillant.

Collection d’«art modeste»

Le programme, on vous le donne en vrac, manière assez juste de rendre cette copieuse affiche d’anniversaire. Voyez le «Toutou maton» pour se faire tirer le portrait avec son chien, par Maïa Roger et Luc Torres. Rejoignez la séance d’aérobic sauvage par «Professeure postérieur». Réalisez vous-même une toute petite statuette en argile, grâce à l’imposant «Appareil reproducteur» du plasticien Christian Gonzenbach. Il y aura des expos également, de photos, de sculptures. De la danse aussi. Et des concerts, beaucoup de concerts.

Le projet belge M.O.M.I., par exemple. Pour «Musée des objets manufacturés intéressants»: tasses décorées et autres bibelots catalogués «art modeste». C’est brut? La démarche est emblématique de Baz’Art: en invitant les artistes à faire leurs fonds de tiroirs, le festival propose une occasion en or de récupérer les chutes, de revenir sur un projet inabouti, de finir, enfin, ce qui restait en friche. Pour en faire des merveilles. «En invitant une centaine d’artistes, essentiellement genevois, Baz’Art développe un énorme réseau local, provoquant des rencontres qui aboutiront à d’autres projets.» Voilà le moteur de la manifestation, pilotée par Simone Aubert côté musique et Claire Mayet pour l’art contemporain. «Certaines pièces d’art créées pour le festival continuent de voyager, idem des groupes qui ont fait leur premier pas ici.» À l’exemple du trio Gros Oiseau notamment.

Faire participer le quartier

«Notre grande bataille, poursuivent Simone Aubert et Claire Mayet, a été d’imposer une rétribution des artistes non pas selon la notoriété mais selon l’investissement – pour les artistes contemporains – ou le nombre de musiciens sur scène.» Selon la météo, Baz’Art revendique entre 2000 et 3000 visiteurs. «En tout cas, beaucoup plus de monde que dans un musée», sourit Claire Mayet. «On est en plein centre-ville, les passants ne peuvent manquer de voir ce qui se passe dans la rue Lissignol», renchérit Simone Aubert. Deux moments particuliers dans l’histoire de Baz’Art éclairent ce succès: on se rappelle le piano jeté par la fenêtre en 2013 devant une foule de badauds. Souvenir également de cette tombola: le premier prix échut à un client des grands magasins voisins venu jeter un œil.

Baz’Art émane d’une communauté bien particulière. Aux numéros 1 et 3 ainsi qu’au 8 sont établies depuis 1989 deux associations, la première issue de Rhino, l’autre du Conseil-Général, deux squats aujourd’hui fermés. Pourtant, il ne s’agit pas de rester dans l’entre-soi. «Sans le quartier, le festival ne pourrait se faire», résument les programmatrices. «Pour que tout le monde participe, il a fallu trouver un consensus», précise Simone Aubert, expliquant ainsi l’octroi en 2016 d’une bourse pour la médiation culturelle. La programmation, en revanche, n’a rien de consensuelle, on l’aura compris. Samedi, tout débutera à 14 h avec Les Percussionnistes de Lissi sous la houlette de la marimbiste Aïda Diop, dans une «batucada» brésilienne d’enfer improvisée sur le tard.

Baz’Art 10e édition, sa 15 et di 16 juin dès 14 h, rue Lissignol, gratuit. Soirées «after» sa dès 22 h au Pneu, rue du Vélodrome 2, di dès 20 h à la Cave 12, rue de la Prairie 4. Infos: baz-art.ch

Créé: 14.06.2019, 18h00

Baz'Art: trois curiosités à ne pas manquer

Aurélie Emery Samedi à 21 h, la chanteuse valaisanne joue sa musique mystérieuse et poétique, au Lex Madone, l’ancien Madone Bar enfin rénové.
Chloé Démétriadès Dimanche à 17 h, la rue Lissignol sera l’otage d’une «parade» au contenu incertain, probablement entre cirque, art plastique et théâtre…
Umanoscope Dimanche de 14 ­ à 19 h, dans la rue également, la marionnettiste Laure-Isabelle Blanchet ausculte du bout des doigts la comédie humaine, pour un spectateur à la fois.

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