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Les baleines enchantent

Tom Tirabosco, Jonas Brülhart et Gabriel Scotti sont très convaincants dans «Toujours nous chérirons votre mémoire», à l'Orangerie.

Tom Tirabosco (à gauche), Jonas Brülhart (au centre) et Gabriel Scotti: trois artistes au diapason.
Tom Tirabosco (à gauche), Jonas Brülhart (au centre) et Gabriel Scotti: trois artistes au diapason.
Cédric Legendre

Avec eux, on plonge au fin fond des océans. On en émerge émerveillé. Terrifié aussi quand Jonas Brülhart raconte le massacre des baleines tout autour du monde, quand Tom Tirabosco l’illustre dans un flot noir noyé de rouge, quand la musique vibrante de Gabriel Scotti enveloppe la scène de l’Orangerie. Ces trois-là sont au diapason dans «Toujours nous chérirons votre mémoire», d’après le livre de Heathcote Williams. Formidable trio pour une création qui tient tout à la fois de la performance théâtrale et du concert dessiné.

Il faut les voir, Tom, Jonas, Gabriel. Et il faut se hâter, car le bouche-à-oreille va rapidement épuiser le quota de places restantes pour ce dernier rendez-vous de la saison à l’Orangerie. Une apothéose qui résulte d’un magma d’eau et d’encre, de paroles scandées et de notes lancinantes. Au cours de cet hommage à la reine des océans, Tirabosco dessine comme on ne l’a jamais vu dessiner. À deux mains parfois, au pastel, à l’aquarelle, au fusain, à la brosse, à grands coups de pinceau. C’est fascinant. Magnifique, chuchote la salle. L’orange et le brun viennent se marier au bleu, l’ébène tutoie l’écarlate. Un bref instant on est chez Rothko, avant que des silhouettes de cachalots ne s’entremêlent sur le papier inondé.

Exploitant les coulures et l’accident graphique, tantôt figuratif, tantôt abstrait, le dessinateur progresse en harmonie avec ses complices. De l’invraisemblable bric-à-brac électronique disposé par Gabriel Scotti naissent des mélopées lancinantes, parfaitement en accord avec le propos. Et quel propos! Les mots de Jonas claquent, interpellent, touchent au cœur. Ils disent la beauté du cétacé autant que l’holocauste marin. Une immersion dans le grand bleu en tout point épatante.

Théâtre de l’Orangerie, jusqu’au 28 sept., 19 h. www.theatreorangerie.ch

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