Pauline Klein joue les intruses dans «Fermer l’œil de la nuit»

Les romans de la rentrée (1)La narratrice s’introduit en pensée, puis physiquement, chez ses nouveaux voisins. Elle entame par ailleurs un curieuse correspondance.

Klein. Un second roman aussi réussi que le premier.

Klein. Un second roman aussi réussi que le premier. Image: DR

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Il y a deux ans, à la même date, Paule Klein frappait par un premier roman, «Alice Kahn». Tout y commençait par une rencontre inopinée. La narratrice se faisait prendre pour une autre sur la terrasse d’un café. S’ensuivait une aventure amoureuse qui n’en finissait plus de se faire et de se défaire. Le tout en peu de pages, cependant. Née en 1976, philosophe de formation et travaillant dans la mode (si!), après avoir passé le marché de l’art new-yorkais, Pauline Klein sortait l’ouvrage chez Allia. Une maison d’édition connue pour la brièveté de ses publications.

C’est à nouveau chez Allia, aux impressions très soignées, aux jolis papiers et aux prix doux (un de ses livres coûte dans les 7 euros) que Pauline Klein propose aujourd’hui «Fermer l’œil de la nuit». Le ton reste le même. Un peu abrupt. L’aventure débute cette fois pour la narratrice par une location d’appartement. Loge au-dessus d’elle un couple, qu’elle va se surprendre à espionner. Claude Tissien (et non Titien!) «construit des liens entre monde imaginaire et monde fantasmé.» Comprenez par là que cet artiste «choquant» utilise des cadavres pour ses œuvres. Il a rencontré son épouse Diane à Pôle emploi, où elle végétait gentiment.

Un frère boucher en prison

La narratrice va donc provoquer artificiellement leur connaissance et s’introduire de manière furtive dans leur appartement. Mais ce n’est là qu’une des activités que cette femme, qui n’en a aucune de professionnelle. On se demande même de quoi elle vit. La curieuse découvre ainsi un fils caché de son père, qui se trouve actuellement en prison. Commence entre ce boucher et elle une correspondance étrange. Tout finira d’un coup. Un coup de tête. La protagoniste glissera une lettre du détenu dans la boîte d’un inconnu. Une nouvelle histoire va peut-être commencer…

Insolite, «Fermer l’œil de la nuit» avance avec grâce et acuité. Deux qualités parfaitement compatibles. Le livre se prend, et ne se lâche qu’à la page 127. La dernière. C’est l’écriture qui en fait avant tout le prix. Pauline Klein sait mettre en une phrase ce qui nécessite à d’autres plusieurs paragraphes. D’où une impression de ramassé. De concentré. Il n’y a ici pas un seul mot inutile.

Pratique «Fermer l’œil de la nuit», de Pauline Klein aux Editions Allia, 127 pages. Sortie le 16 août. (TDG)

Créé: 20.08.2012, 15h09

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