Quand les auteurs du Salon voyagent au bout de la nuit

GalaLe traditionnel dîner des auteurs a réuni grandes stars et petites plumes locales samedi soir à la Villa Sarasin.

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Non, les auteurs ne sont pas que des têtes pensantes, penchées sur la feuille blanche. Samedi soir, les écrivains du Salon du livre ont prouvé qu’ils savaient faire la fête, lors du traditionnel dîner des auteurs clôturant, un jour à l’avance, la manifestation.

Un décolleté plongeant

Dès 19 h, plusieurs centaines d’hôtes affluent à la Villa Sarasin, à deux pas de Palexpo. On y croise Luc Ferry et Paolo Coelho endimanchés, dégustant des verrines de tomates. Plus loin, l’auteur ivoirien Gauz, qui a connu un succès fulgurant avec Debout-payé en septembre dernier, tutoie tous ses interlocuteurs, bière à la main et sac de toile à l’épaule. Quelques têtes se retournent sur Barbara Polla: l’essayiste genevoise arbore un décolleté avantageux, qui n’est pas sans rappeler celui d’Angela Merkel à l’opéra national d’Oslo

. La jeune militante féministe Coline de Senarclens, dont les longs cheveux blonds tressautent sous son chapeau d’homme au rythme de sa démarche déterminée, adresse des salutations aux nombreux auteurs locaux présents, occupés à tremper des fraises dans la fontaine à chocolat. Ces derniers se moquent de Frédéric Beigbeder: «Il devait être l’invité-surprise dans la cage à écrivain vendredi soir, mais il s’est défilé à la dernière minute…»

La présidente du Salon du livre, Isabelle Falconnier, en robe de dentelle noire, invite les convives à se rendre à l’étage ou le DJ, son mari Christophe Passer, rédacteur en chef adjoint au Matin Dimanche, enchaîne les tubes, de Ta fête de Stromae à Marcia baila de Rita Mitsouko. Sur la piste, Mélanie Chappuis fait tournoyer sa robe rouge tandis que Gabriel de Montmollin, président du Cercle de la librairie, réinvente le disco. L’écrivain congolais Jean Bofane papillonne d’une jeune auteure romande à une autre. Il trouve en Anne-Frédérique Rochat une oreille attentive: «Au Salon de Genève, dit-il, on sent une différence dans les questions du public, qui connaît moins l’Afrique que la France ou la Belgique à cause des colonies. Cette curiosité sans a priori permet un échange réel, où je ne dois pas me justifier.»

Faire la fête avec un Goncourt

Depuis le dancefloor où il se déhanche avec ferveur, Alexis Jenni, Prix Goncourt 2011, ne tarit pas d’éloges sur la manifestation littéraire genevoise: «Au Salon de Paris l’ambiance est tellement triste, il serait inconcevable d’organiser une fête comme ça!» Guillaume Rhis, lauréat du dernier prix des écrivains genevois, et Xavier Michel du groupe Aliose (le duo travaille sur le stand du Cercle pendant le Salon) n’en reviennent pas: «On est en train de faire la fête avec un Goncourt!» se répètent-ils, extatiques. Des selfies bras dessus bras dessous avec l’écrivain français immortalisent l’événement. Sur les canapés, des couples se forment et ne s’embarrassent d’aucune pudeur. Les langues se délient – au propre comme au figuré – tandis que les bas se filent comme les métaphores…

A la fin de la soirée, les oiseaux de nuit se dispersent en réservant qui un taxi, qui un véhicule Uber. Tout sourire, Philippe Becquelin, alias le dessinateur Mix & Remix, s’éloigne dans la nuit, tanguant d’avoir trop dansé. (TDG)

Créé: 03.05.2015, 19h42

Un Salon en expansion

Le 29e Salon du livre et de la presse a fermé ses portes hier. 95 000 visiteurs ont été comptés, soit le même nombre que l’année dernière. Le jeudi a été peu fréquenté par le public, bien qu’assailli par les classes d’école – «c’était incroyablement difficile de se concentrer et de dire des choses profondes dans le brouhaha des cris d’enfants», commente une éditrice invitée à débattre sur scène. Le vendredi en revanche a été une très bonne journée pour la plupart des exposants. Selon la présidente de la manifestation Isabelle Falconnier, «quelque 1000 raclettes ont été écoulées ce jour-là», un record absolu: la moyenne quotidienne étant de 500 raclettes.
Avec 820 maisons d’édition présentes et 1050 intervenants, soit 200 de plus que l’an dernier, le Salon continue son expansion. Sur les 2000 animations, les interventions de Matthieu Ricard, d’Abdellatif Laâbi, de Chappatte, de Mana Neyestani, ou de Nancy Huston ont été très appréciées, certains spectateurs ayant même dû rester debout. D’autres débats en revanche se sont déroulés devant des chaises vides.

L’année prochaine, le Salon prévoit des changements significatifs pour son trentième anniversaire. Il déménagera notamment aux étages supérieurs, les halles 1 et 2.
MAR.G

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