Quand les auteurs romands tiennent salon

LittératureLe Salon du livre permet aux écrivains romands de se connaître et de monter des projets communs.

La manifestation littéraire à Palexpo sert de plaque tournante pour les professionnels du livre. Leurs rencontres donnent souvent lieu à des projets communs.

© Olivier Vogelsang / Tamedia

La manifestation littéraire à Palexpo sert de plaque tournante pour les professionnels du livre. Leurs rencontres donnent souvent lieu à des projets communs. © Olivier Vogelsang / Tamedia

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Son sac est rempli de livres fraîchement achetés au Salon du livre: «J’ai les dédicaces de Joël Espi, de Dunia Miralles, d’Olivia Gerig et de Jack Küpfer. J’essayerai aussi d’arracher une signature à Frédéric Beigbeder tout à l’heure.» Le Genevois Florian Eglin n’est pas seulement un grand consommateur de littérature romande, il est aussi écrivain et inscrit son paraphe sur ses livres pendant toute la durée de la manifestation. «Depuis que je suis édité, je m’intéresse beaucoup à ce que font les autres, explique-t-il. Entre auteurs de la place, on se lit beaucoup.»

Les auteurs en conviennent, le Salon du livre, en permettant aux écrivains de se rencontrer, joue un rôle de consolidateur du milieu des lettres romandes. La romancière Lolvé Tillmanns est fière d’appartenir «au microcosme littéraire genevois» depuis un an, et apprécie les expériences qui permettent aux auteurs de se mettre en relation, comme la fameuse «cage à écrivains» dans laquelle chacun écrit la suite de l’histoire qu’un confrère a commencée. L’essayiste Barbara Polla souligne que le Salon de Genève, bien plus «gai» que celui de Paris, «favorise les liens avec d’autres auteurs». Du même avis, le romancier et historien Yves Laplace apprécie «retrouver des auteurs amis, dont ceux qu’on ne voit qu’au Salon, qui habitent en France, en Afrique ou ailleurs.» Pour échanger, les écrivains profitent des nombreux apéros organisés sur les stands des éditeurs, notamment chez Cabédita, Zoé, Noir sur Blanc et Slatkine.

Le Salon, générateur d’énergie

Mais plus qu’une occasion de se connaître et de se lire parmi, le salon est aussi une «plaque tournante permettant aux professionnels du livre de monter des projets communs», nous informe Alexandre Grandjean, jeune patron des éditions Hélice Hélas. Dans ce but, la petite maison lausannoise organise à chaque Salon une soirée, où les professionnels se pressent. «Je dis toujours à mes auteurs qu’ils ne vont pas beaucoup vendre de livres au Salon, mais qu’ils y feront des rencontres et que quelque chose d’inattendu en sortira.» Il cite l’exemple de l’auteur André Ourednik qui, grâce à une conversation au Salon du livre, a pu mettre en place une performance littéraire autour de son texte qui sera présentée au festival genevois Fureur de lire en mai prochain. Selon l’éditeur, le salon permet à la «constellation» que forment les différents acteurs du livre de «générer de l’énergie».

Cette effervescence parmi les professionnels du livre est également due à la présence du public. Metin Arditi n’a pas de mots assez forts pour décrire le «plaisir intime» que lui procure le contact avec ses lecteurs: «Ecrire et lire sont des activités solitaires. Or, lorsque deux solitudes, soit l’auteur et le lecteur, se rencontrent pour un petit tête-à-tête, c’est toujours un moment intense, fort, lumineux et très doux», assure-t-il.

Caroline Coutau, directrice des Editions Zoé, insiste sur l’importance que revêtent les retours critiques des lecteurs pour ses auteurs: «C’est très précieux pour un écrivain de recevoir l’avis de quelqu’un qui a lu le livre et raconte comment il l’a compris. Hier, deux lectrices ont longuement parlé avec Noëlle Revaz, qui en était très touchée.»

Intérêt pour les Romands

«Il y a un vrai intérêt des Genevois pour les auteurs du cru», souligne l’écrivain d’origine camerounaise Max Lobe, qui assure depuis cette année la programmation de la place suisse au Salon. Il cite notamment le succès qu’ont remporté auprès du public les tables rondes d’Yves Laplace, de Mélanie Chappuis et d’Aude Seigne. Mais il note aussi une présence significative d’auditeurs africains lors de ces débats entre Romands, un phénomène auquel sa personne n’est peut-être pas étrangère: «Nombre de ces visiteurs, apprenant que j’avais été engagé au Salon, se sont montrés curieux à leur tour de découvrir les écrivains locaux que j’ai l’honneur de programmer.»

Créé: 01.05.2015, 19h43

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