Un audit scrute les Fonds d’art contemporain

Cour des comptesSelon le rapport présenté jeudi, FCAC et FMAC acquièrent des œuvres de qualité, mais leur conservation et leur diffusion laissent à désirer.

Sami Kanaan, conseiller administratig chargé de la Culture en Ville de Genève et Diane Daval, directrice du Fonds cantonal d'art contemporain.

Sami Kanaan, conseiller administratig chargé de la Culture en Ville de Genève et Diane Daval, directrice du Fonds cantonal d'art contemporain. Image: DR

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Dans un rapport de presque cent pages, la Cour des comptes s’est penchée sur le fonctionnement du Fonds cantonal d’art contemporain (FCAC) et du Fonds municipal d’art contemporain (FMAC). Pour la première fois de son histoire, l’organisme de contrôle a livré un audit de performance, en axant son travail sur les prestations, sous l’angle de l’économie, de l’efficience et de l’efficacité.

«Le but était de mesurer si les réalisations s’avéraient conformes aux objectifs légaux et si les résultats obtenus atteignaient leur maximum à partir des ressources disponibles», a expliqué jeudi devant la presse Isabelle Terrier, la magistrate qui a piloté l’enquête. Faisant suite à une communication citoyenne, les investigations ont porté sur l’acquisition, la diffusion, la conservation et la restauration des œuvres ainsi que sur les modalités de coopération entre les deux fonds – lesquels disposent chacun d’un budget annuel moyen de 1,4 million de francs, hors charges de personnel.

Axes d'amélioration

Premier constat, positif: les œuvres d’art, qu’elles soient acquises ou commandées pour l’espace public, se révèlent «de qualité et représentatives des productions actuelles», comme l’a attesté l’expert mandaté. La Cour, en revanche, pointe des axes d’amélioration en lien avec la gouvernance et le fonctionnement sous l’angle de la stratégie, de la diffusion et de la restauration.

Outre «une absence de stratégie formalisée», l’audit relève une diffusion limitée au regard de l’ampleur des collections. Depuis 2003, le FCAC n’a exposé que 7% de ses 3215 œuvres mobiles, et le FMAC 31% de ses 2471 pièces. Un pourcentage que Sami Kanaan, ministre de tutelle du FMAC, a accueilli comme une bonne nouvelle: «C’est plus que la plupart des musées, qui montrent entre 5 et 10% de leurs pièces!» La Cour observe aussi l’absence de politique de restauration et de recensement de l’état de conservation des œuvres. En outre, le FCAC affiche quatre ans de retard dans son inventaire scientifique et ne bénéficie pas d’un lieu de stockage adéquat. Sur ce point, sa directrice, Diane Daval, se veut rassurante: «L’hygrométrie dans nos entrepôts des Ports Francs est excellente. Il y a des variations de température que nous allons nous efforcer de stabiliser, mais ça n’est pas dramatique.»

Enfin, le rapport s’interroge sur la pertinence de l’existence de deux fonds d’art contemporain sur le même territoire, alors qu’ils poursuivent les mêmes buts mais développent leurs collections sans coordination formalisée. Cette dernière recommandation découle de l’acceptation de l’initiative «Pour une politique culturelle cohérente à Genève» (IN 167) en mai dernier, qui a ancré dans la Constitution le principe d’une gouvernance concertée entre Canton, Ville et communes. «On peut discuter du fait de collaborer davantage, reconnaît Sami Kanaan. Mais je suis convaincu de l’opportunité de conserver un fonds d’art contemporain à chaque échelon. Il en va de l’identité de chacun.»

Créé: 07.11.2019, 17h27

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