La Corée fait dialoguer tradition et modernité

Art contemporainLa galerie Artvera’s expose un nouveau panel d’artistes du sud de la péninsule, dont le très beau travail est peu connu en Europe.

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Rapprocher les contraires pour tendre à l’harmonie. Malgré l’usage de techniques et de formats très variés, c’est une quête permanente de l’équilibre que semblent mener les artistes sud-coréens d’aujourd’hui. En questionnant le lien qu’entretiennent nature et civilisation ou en jetant des ponts entre utopie et réalité, ils réconcilient aussi la contemporanéité avec la tradition.

Sous l’intitulé «Korean’s Spirit II», Artvera’s réunit le travail d’une quinzaine de représentants de cette scène peu connue en Occident. L’exposition, organisée en collaboration avec l’association Korea Tomorrow, fait suite à un premier accrochage l’an passé. «Pour cette 2e édition, nous sommes concentrés sur les jeunes talents, explique Sofia Komarova-Bolshanina, directrice de la galerie. Il y a aussi beaucoup de femmes.»

Procédé du trompe-l'oeil

On découvre par exemple les majestueux vases de Ju Sekyun, qui interrogent un héritage millénaire tout en s’inscrivant dans une esthétique actuelle. La forme des récipients, empruntée à la céramique traditionnelle, est contredite par un décor contemporain: l’artiste reproduit l’objet au crayon sur ses flancs, de sorte que le dessin fasse un écho fidèle à son support, lui conférant un singulier effet 3D. C’est également avec le procédé du trompe-l’œil que s’amuse Kim Kang Yong. À l’aide de sables de différentes teintes qu’il colle sur des panneaux de bois, il représente de manière extraordinairement réaliste des murs de briques plus ou moins bien ordonnés. Ou comment, avec le matériau naturel qui compose le béton, façonner des paysages abstraits qui renvoient aux villes modernes nées de la main de l’homme.

June Lee, elle, s’adonne au tissage. Sa série des «Witness» figure des têtes anthracite dont les mains vivement colorées se positionnent alternativement sur la bouche, les yeux ou les oreilles, comme les singes de la sagesse – thème dont la trace écrite la plus ancienne remonte à la Chine du Ve siècle avant notre ère. Sous le fil de soie, les visages, moulés dans du plastique, sont toujours les mêmes, comme fondus dans l’anonymat d’une foule. Mais la trame de la fibre, à chaque fois différente, donne son individualité à chacun, à la manière d’empreintes digitales.

À côté d’un impressionnant portrait de Marilyn Monroe réalisé par Kim Dong Yoo à l’aide de pixels à l’image de John F. Kennedy ou des visions expressionnistes de la nature de Kim Sung Ryong (notamment un épi de maïs dont les grains sont des têtes de mort), on retrouve les délicates mésanges de Jung Hai Yun, vues l’année dernière. Toutes ces pièces disent l’incroyable minutie de leur auteur et leur contemplation invite à la méditation.

Korean’s Spirit II Jusqu’au 28 février chez Artvera’s, 1, rue Étienne-Dumont. www.artveras.ch (TDG)

Créé: 17.01.2019, 17h43

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