ArtLab esquisse avec Soulages et ses Outrenoirs le musée de demain

Ecole polytechnique fédérale (EPFL)Le nouveau fleuron de l’EPFL conçu par Kengo Kuma a été inauguré hier. Il abrite trois espaces qui marient science et culture.

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Les humanités digitales: un nom à retenir, un domaine de recherche avec lequel il faut désormais compter. Nouveau terrain de jeu pour l’esprit, cette approche marie sciences informatiques et humaines. Art et science font – c’est nouveau – bon ménage, car un ordinateur permet d’aider à restaurer une toile de Rembrandt; de se promener dans Venise à la Renaissance; ou de voir Herbie Hancock sur la scène du Montreux Jazz Festival avec Chick Corea il y a trente ans.

Exploration des noirs

Ces performances sont aujourd’hui visibles pour le grand public dans le nouvel espace de l’EPFL, ArtLab. «Trois expressions des humanités digitales, trois pavillons sous un même toit», a résumé hier Patrick Aebischer, président de l’Ecole polytechnique fédérale, lors de l’inauguration du bâtiment conçu par l’architecte japonais Kengo Kuma: la mémoire audiovisuelle, avec la numérisation de 5000 heures d’archives de Claude Nobs et du Montreux Jazz Festival. L’exploration et la visualisation du big data, ce continent de données numériques quasiment infini. Et l’expérimentation muséale, avec l’utilisation des technologies digitales de pointe au service des arts plastiques.

Dans cet espace-ci, on aborde la peinture autrement. Pierre Soulages et ses Outrenoirs se prêtent à la démonstration. Et elle est magistrale. Car Noir c’est noir est en accord total avec la démarche du peintre de Rodez âgé de 96 ans. Imaginé et financé par Jean Claude Gandur, ce pavillon permet à l’homme d’affaires et collectionneur d’art d’assouvir sa curiosité. Et son ambition: «Mon dada, c’est de faire retourner les gens au musée à travers la science. Et d’y faire venir un nouveau public.» Cinq «expériences» proposent au visiteur d’aborder l’art par le biais de technologies digitales. L’imagerie hyperspectrale met par exemple en évidence les pigments utilisés par Soulages travers des ondes de fréquence x ou y, alors que dans une cabine sombre, on peut en bougeant éclairer la toile de telle manière qu’elle nous apparaît sous un jour inédit. Ailleurs, un tableau a été pris 12 528 fois en photo par un scanner spécial, ce qui permet d’en réaliser une topographie en 3 D; les données ensuite broyées et mises sur un serveur Web permettent de reconstituer un puzzle de milliers d’images. Sur un écran, il est alors possible d’examiner chaque parcelle de l’œuvre dans ses moindres détails. «Prenez une tapisserie Millefleurs du XVIe siècle, d’une complexité inouïe. Cet outil permet de l’étudier avec une finesse et une précision inégalables. J’aimerais qu’un jour, tous les musées disposent de ce type de technologie, s’enthousiasme Jean Claude Gandur, car alors, le public sera actif et retiendra davantage ce qu’il voit.»

Le collectionneur, convaincu par cette approche novatrice, se réjouit d’y soumettre ses pièces d’archéologie. «Je rêve d’un parcours muséal pour l’homme pressé: trente objets, quelques textes, et cette technologie pour en savoir plus rapidement. Il faut que les musées chassent de leurs vitrines tout ce qui relève du travail académique et se structurent comme des expositions. On sait bien que les gens les préfèrent aux espaces conçus de manière classique.» Jean Claude Gandur sans le MAH semble se porter comme un charme et regarder vers l’avenir. AprèsNoir c’est noir, à voir jusqu’au 23 avril 2017, il programme une exposition d’art antique sur la Grande déesse - Isis, Venus, Marie. (TDG)

Créé: 03.11.2016, 22h21

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