Passer au contenu principal

Des artistes romands pour l’Avent

La Romandie paraît être une terre fertile pour l’imaginaire. Bien des créateurs y sont nés et y ont fait pousser leurs talents. La preuve par deux.

Marc De Bernardis, «Vacances de neige», 2014, huile sur toile.
Marc De Bernardis, «Vacances de neige», 2014, huile sur toile.
Marc De Bernardis

Marc De Bernardis a vu le jour à Vevey en 1966. S’il travaille depuis plus de vingt ans dans son atelier d’Aigle, c’est la première fois qu’il réunit un ensemble de tableaux, fusains et croquis de voyage dans un livre. Ce graphiste de formation a, de son propre aveu, «toujours été habité par le dessin». La peinture est venue beaucoup plus tard, mais c’est pourtant elle qui se taille la part belle d’«Un monde louche».

L’artiste explore obstinément le genre du portrait, à la manière des grands maîtres de la Renaissance, auxquels il emprunte la lumière et les compositions. Aux oreilles des modèles, des perles rappellent Vermeer, et à leur cou, fraises et dentelles évoquent l’Espagne baroque de Vélasquez.

Mélancolie toute préraphaélite

Toutefois, le trait académique du peintre vaudois se joue des époques en convoquant des motifs d’aujourd’hui, avec un sens certain du décalage et de l’ironie. Sur des natures mortes qu’on croirait venues tout droit des Flandres du XVIIe figurent cendriers et cafetières moka et certains personnages, le regard empli d’une mélancolie toute préraphaélite, contemplent des ciels d’orage pendus à leur téléphone portable.

Parfois, Marc De Bernardis tente d’échapper à ces références qui manifestement le fascinent, en imposant un froissement cubiste ou des difformités à ses sujets. «J’ai commencé par des gouaches très jetées et plus j’avance, plus je m’oriente vers le classique, explique-t-il comme à regret. De temps en temps, j’ai envie de me libérer un peu. Mais j’en reviens toujours à mon petit pinceau.» Un parcours à rebours qui ne manque pas de charmes.

«Un monde louche» de Marc De Bernardis, Till Schaap Edition, 208 p., 39 francs.

----------

L’objectif de Guillaume Perret fait rimer toutes les poésies de l’amour

Lorsqu’on porte une telle moustache, il est rare de se peindre les ongles en rouge. La bizarrerie ne saute pas tout de suite aux yeux, mais elle résume bien «Amour», le livre très réussi qui ponctue deux ans de rencontres photographiques de Guillaume Perret avec ses modèles. Le projet a débuté par des commandes de particuliers qui vivaient des relations que la société stigmatise encore – homosexualité, pratiques extrêmes, libertinage, différences d’âge ou de couleur de peau, etc.

«Quand j’ai posté ces premières images sur les réseaux sociaux, les retours ont été plutôt positifs, raconte le photographe neuchâtelois. J’ai donc mis une annonce pour poursuivre.» D’abord intitulée «Amours extraordinaires», la série s’est départie de son qualificatif à la publication, afin de n’imposer aucun angle de lecture. Derrière son objectif, Guillaume Perret ne juge aucunement, mais façonne un conte poétique et universel sur un thème vieux comme le monde. Et fait fleurir, dans l’émotion, la réflexion.

«Amour» de Guillaume Perret, Act Éditions, 127p., 40 francs.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.