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Deux artistes genevois explorent les secrets de la pierre à Halle Nord

Pauline Julier et Nicolas Fournier interrogent les liens entre l’homme et le milieu minéral par le prisme des sciences.

Vue d'exposition.
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Thomas Maisonnasse
Vue d'exposition.
Vue d'exposition.
Thomas Maisonnasse
Pauline Julier, capture d'écran du «Suicide de Cassini».
Pauline Julier, capture d'écran du «Suicide de Cassini».
Pauline Julier
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«Dense Collection Area»: ce terme scientifique désigne une zone d’accumulation de météorites particulièrement dense, souvent située dans des régions désertiques ou des banquises. C’est aussi le titre qu’ont choisi Pauline Julier et Nicolas Fournier pour leur exposition commune à Halle Nord. Dans des travaux formellement très différents, les deux artistes genevois ont croisé leur regard sur les liens qu’entretient l’homme avec son environnement minéral, en s’appuyant sur des images produites par la science.

Le medium de prédilection de Pauline Julier est la vidéo. La cinéaste – qui, le jeudi 12 septembre 2019, s’est vue attribuer par la Ville de Genève la Bourse pour artiste de plus de 35 ans pour son projet «Là où commence le ciel» –présente deux extraits filmiques, à visionner sur autant d’écrans. Le premier, intitulé «Le plus vieux paysage du monde», documente les recherches menées dans une mine de charbon à ciel ouvert au nord de la Chine. Sur ce site désolé, quasi lunaire, les roches sombres ont révélé les restes fossilisés d’une forêt vieille de 300 millions d’années. «Les chercheurs l’ont surnommée la «Pompéi végétale», explique-t-elle. Un peintre l’a reconstituée par le dessin: ce paysage d’avant le règne animal apparaît à la fois étrange et familier.» La plasticienne a reproduit, par la sérigraphie, un fragment de cette représentation sur un petit morceau de roche volcanique, laissant entrevoir quelle allure avaient ces plantes avant de se faire pierres.

La seconde vidéo a pour nom «Le suicide de Cassini». Elle évoque les derniers instants de la sonde américaine qui, le 15 septembre 2017 après une mission de treize ans en orbite autour de Saturne, a plongé dans l’atmosphère de la planète aux anneaux, en se désintégrant. Tout en livrant à l’humanité une ultime image.

Cosmos et cailloux

S’il est aussi question de cosmos et de cailloux chez Nicolas Fournier, son univers esthétique s’avère radicalement différent. Durant deux ans, il a réalisé 69 huiles autour du thème de la météorite. «Je nourris une certaine fascination pour ces pierres assez communes, souligne le peintre. Elles viennent de l’espace mais n’apportent rien de nouveau à la science en termes de matériau.» Exécutés en trois formats d’après photos – prises par l’artiste ou repérées dans des revues ou des documents –, les tableaux composent une longue fresque éloquente qui recouvre deux pans de murs blancs.

Douze portraits d’aérolithes se trouvent au cœur de ce cycle baptisé «Chutes et trouvailles». Les 57 autres peintures promènent le spectateur du cratère du Vésuve à une centrale thermique islandaise, en passant par un site de forage de carottes glaciaires en Bolivie ou… le concours de lancer de la pierre d’Unspunnen. Divers lieux du monde qui n’ont apparemment rien à voir les uns avec les autres, mais entre lesquels se tisse une subtile toile narrative où dialoguent êtres de chair et de roche.

Dense Collection Area

Jusqu’au 28 sept. à Halle Nord, 1, place de l’Île. Ma-sa 14 h-18 h. www.halle-nord.ch

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