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À Artgenève, le sérieux a remplacé le côté bon enfant

Dès l’ouverture, les allées de la foire ont été envahies par les collectionneurs.

À Artgenève, le public peut découvrir plus de 90 expositions jusqu’à dimanche.
À Artgenève, le public peut découvrir plus de 90 expositions jusqu’à dimanche.
Steeve Iuncker-Gomez

Le succès d’Artgenève n’est plus à prouver. La manifestation, qui ouvre ce jeudi ses portes au grand public, l’a démontré une nouvelle fois hier, lors de la journée réservée à la presse et aux VIP. En effet, dès 14h, collectionneurs, curateurs, directeurs de musées et de collections institutionnelles ont envahi les allées de la foire. Une première! «Avant, les grands collectionneurs arrivaient plutôt vers 17h, là ils sont tous venus tout de suite», lance Barth Johnson, de la galerie Wilde. Même discours chez Xippas, qui à 15h avait déjà trouvé preneur pour cinq œuvres, dont trois des toutes nouvelles sculptures en verre soufflé du jeune artiste suisse Thomas Liu Le Lann. Quant à Stéphane Ribordy, de Ribordy Thétaz, il avouait qu’il était encore trop tôt pour se prononcer, la foire ne faisait que commencer…

La pression monte

Mais au fur et à mesure que les stands se remplissaient de monde, l’ambiance bon enfant a rapidement laissé la place au sérieux des affaires. «Je pensais qu’avec l’expérience, je serais moins stressée, mais j’ai l’impression que chaque année la pression monte», souffle Monique Deul, fondatrice de Taste Contemporary, une galerie genevoise spécialisée dans la céramique. Si elle présente sur son stand une sélection d’artistes qu’elle représente, à l’image d’Ernst Gamperl ou de Babs Haenen, la foire reste également un moyen d’en introduire de nouveaux. Des jeunes comme Eusebio Sanchez ou Sam Lucas, intrigant avec cette énorme sculpture désarticulée ressemblant à un estomac sur pattes. Non loin de là, la galeriste genevoise Laurence Bernard ne cache pas non plus une certaine nervosité. Si elle admet qu’une foire représente un investissement important qu’il faut rentabiliser en vendant des œuvres, elle craignait surtout de froisser l’un de ses artistes pour avoir dû modifier sa mise en scène à la dernière minute. Le seul qui affichait encore un air serein, c’était Thomas Hug, directeur d’Artgenève. Rencontré à 11h à l’entrée de la foire, pendu au téléphone, il avouait avoir l’impression d’être le chef d’un énorme orchestre et veiller à ce que tout le monde joue juste. «Sinon on enlève l’instrument», tranche-t-il, pragmatique avant tout.

Si chaque année, la pression pour les galeristes monte, c’est que de nouveaux exposants d’importance viennent toujours rejoindre les rangs. Ils sont ainsi cette fois pas moins de 13 nouveaux arrivants, à commencer par Lévy Gorvy, Applicant-Prazan, Campoli Presti ou la Lausannoise Fabienne Lévy, qui a inauguré sa galerie en septembre dernier. Outre les œuvres lumineuses d’Andrea Galvani qu’elle a présentées lors de l’accrochage inaugural de son espace, son stand réunit des pièces de Vikenti Komitski, qu’elle exposera dès le 4 février. Persuadée qu’elle ne serait pas acceptée à la foire, elle a été forcée de décaler le vernissage d’une semaine.

«Je n’ai pas de chemin défini, je travaille avec les artistes qui me parlent, mais à l’avenir, j’aimerais créer davantage de synergies entre Genève et Lausanne», admet-elle. Participant également à la foire pour la première fois, Stefan von Bartha tenait à souligner l’importance qu’elle a prise en quelques années. S’il a finalement décidé d’y prendre part, c’est que cette année, sa galerie s’apprête à fêter son 50e anniversaire. «Art Basel reste très important pour nous, mais on voulait faire plus. Et puis nos collectionneurs de la région nous réclamaient notre présence depuis longtemps», avoue-t-il.

Pour marquer le coup, il a ainsi décidé de réunir sur son stand 50 œuvres, comme autant d’années d’existence de la galerie. Si certaines pièces se chiffrent à des centaines de milliers de francs, à l’image de cette huile de Theo van Doesburg, qui serait l’une des dernières encore en mains privées, il tenait à s’adresser à toutes les bourses avec des pièces plus modestes. «Je trouve parfois les stands de certaines grandes galeries un peu prétentieux, ce n’est pas ce qu’on a voulu faire. J’espère que cela plaira», conclut-il, confiant.

Pas qu’à vendre!

Mais Artgenève, ce ne sont pas que des propositions commerciales. En effet, ce qui fait la grande force et la singularité de la foire depuis ses débuts, ce sont également les expositions institutionnelles, présentées sur les côtés du salon.

Cette année, le public ne sera encore une fois pas déçu puisque certaines des pièces présentées le sont pour la première fois. Il en va notamment de la collection de la Fondation Gandur pour l’art, centrée autour du mouvement Supports/Surfaces, de l’Estate Show, présentant deux œuvres monumentales de l’Italien Mario Merz, chef de file de l’arte povera, ou encore des œuvres de David Shrigley, provenant de la collection Barbier-Mueller. Sans oublier le pavillon Jean-Prouvé, qui peut pour une fois se visiter!

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