Artgenève, le petit salon qui a tout l’air d’un grand

Art contemporainLa cinquième édition, qui attire toujours plus de monde, débute jeudi. Zoom sur un succès.

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Il y a cinq ans, la naissance d’art­genève laissait plus d’un spécialiste de l’art contemporain sceptique. Pourquoi créer un nouveau salon dans un circuit mondial déjà saturé? D’autant que la Suisse comporte déjà la reine des foires d’art, celle de Bâle… «On a monté la première édition sans vraiment savoir où on allait, raconte le directeur, Thomas Hug. Mais j’étais sûr qu’il y avait une niche à occuper.»

La suite lui a donné raison. La manifestation, qui ouvre ses portes jeudi, a trouvé sa place. En témoignent la présence de nombreuses galeries de renom, la tenue d’avant-premières tout aussi prestigieuses et la constante augmentation du public, qui s’internationalise peu à peu: de 4500 visiteurs au début, on est passé à 15 000 l’an passé. Sans oublier l’organisation par la même équipe d’un nouveau salon, artmonte-carlo, en avril prochain.

Divorce consommé

Mais pour parvenir à ce résultat, la route a été longue. L’ancêtre d’artgenève, Europ’Art, s’est tenu parallèlement au Salon du livre pendant vingt ans, avec un résultat mitigé. En 2009, une nouvelle équipe est mise en place, avec changement de nom l’année suivante: artbygenève. Mais cela ne convainc pas non plus. Palexpo engage donc Thomas Hug, avec pour objectif d’en faire un événement plus pointu. La manifestation prend alors le nom d’artgenève, en 2012. Un an plus tard, le divorce avec le Salon du livre est consommé. La foire d’art a désormais lieu en janvier, période propice aux sports d’hiver et où les salons sont peu nombreux.

A quoi tient le succès du salon? L’ancrage régional, tout d’abord. Même si le nombre de galeries locales a baissé au fil des éditions, pour accueillir davantage d’internationaux, Thomas Hug tient à en garder une quinzaine. Dont des incontournables comme Art Bärtschi Cie, Skopia ou Blondeau. «C’est une marque de respect envers l’excellent travail des galeristes genevois, explique le directeur. Et cela nous permet de nous distinguer des autres foires, où on voit toujours la même chose.»

Autre manière de se démarquer: la taille. Alors qu’Art Basel accueille 280 exposants sur 24 000 m², artgenève s’en tient à une soixantaine sur 17 000 m². «Ainsi, les œuvres ont plus de visibilité, différents types d’exposants se côtoient, et il y a davantage d’échanges», précise Thomas Hug. Les candidats doivent soumettre un projet, examiné par un comité d’experts internationaux tenant eux-mêmes une galerie. «En général, on leur propose des artistes déjà bien établis. Ce qui est nécessaire pour vendre en Suisse romande.»

Artgenève se caractérise également par la diversité des domaines couverts. La section d’art contemporain, la plus importante, est complétée par des parties dédiées à l’art moderne ainsi qu’au design et à l’artisanat contemporains, chacune ayant son propre expert. A cela s’ajoute un vaste programme de présentations non commerciales. On y trouve une trentaine d’exposants principalement locaux, comme le Musée d’art moderne et contemporain (Mamco) et les Fonds cantonal et communal d’art contemporain de Genève, ou l’Ecole cantonale d’art de Lausanne (ECAL).

Un Pendule de Foucault

Et puis, il y a tout ce qui renforce l’identité du salon. Comme le parcours de sculptures au bord du lac, s’immisçant jusque dans la ville. Le programme dédié au son. La section dévolue aux œuvres historiques de grand format, avec cette année une fresque de cinq mètres de long de Sol LeWitt. Et pour la cinquième édition, un bassin d’eau orné d’œuvres d’art ainsi qu’un pendule de Foucault revisité, dispositif grâce auquel on peut percevoir la rotation de la terre.

A la veille de cette édition, la motivation de Thomas Hug reste intacte: «Je prends beaucoup de plaisir à ma fonction. Et notre développement est enthousiasmant.» Et pour la suite? «Nous voulons rester fidèles à notre formule, qui fonctionne bien. Si on arrive à garder ce bon niveau, c’est déjà pas mal!»

Artgenève, du jeudi 28 au dimanche 31 janvier de 12 h à 20 h à la Halle 2 de Palexpo. Parcours de sculptures visible dès mardi 26 janvier. Infos: www.artgeneve.ch

Créé: 25.01.2016, 19h22

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