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L’art pour s’approprier son nouveau quartier

A Plan-les-Ouates et à Lancy, une exposition en plein air explore les liens entre nature, création humaine et habitants.

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A l’origine, il y avait des champs. Puis, tout d’un coup, des immeubles sont sortis de terre. Beaucoup d’immeubles. La naissance des quartiers de La Chapelle à Lancy et du Vélodrome à Plan-les-Ouates a changé le visage de ces deux communes. Dès lors, comment faciliter l’insertion des nouveaux arrivants? Par le biais de l’art!

De là vient le projet Terrain fertile, parcours artistique en plein air et en intérieur visible depuis septembre. «L’objectif est d’aider les habitants à s’approprier ces nouveaux territoires et à les voir d’une autre manière», explique Maïa Wolf, chargée du fonds de décoration de Plan-les-Ouates. «Les œuvres entrent en résonance avec le passé arboré et agricole des lieux», précise Nicole Kunz, responsable de la Ferme de La Chapelle à Lancy.

Chaque commune a choisi quatre plasticiens genevois développant un travail in situ, ayant un rapport particulier à la nature ou une démarche participative, et leur a donné carte blanche pour investir un quartier. Les artistes ont opté tantôt pour l’observation, tantôt pour l’interaction. «La photographe Maria Moschou a demandé aux riverains de poser par deux, avec un objet qui représente leur relation, raconte Maïa Wolf. Et maintenant, elle connaît tout le monde!»

Les usagers du Mail 2000, à Plan-les-Ouates, ont déjà pu admirer le résultat de ces échanges sur les panneaux d’affichage installés dans l’allée. Les clichés racontent des histoires dans lesquelles chacun peut se projeter, puisque leurs visages ne sont pas visibles. Sur le chemin en gravier, Pascale Favre invite le promeneur à écouter le bruit de ses pas, et à prendre conscience du moment présent, à travers une phrase écrite avec des pastilles en métal.

Aller à la découverte

Derrière un arbre, non loin du jardin d’enfants, on aperçoit la silhouette au ventre rebondi de la Vénus totémique imaginée par Muriel Décaillet, symbolisant la mère nourricière et évoquant les statuettes paléolithiques. De l’autre côté de la route, au pied de la butte, il faut être attentif pour repérer le labyrinthe éphémère de 2 kilomètres tracé dans l’herbe par Jean-Samuel Coste.

Pour en savoir plus sur les artistes exposés, quelques pas supplémentaires suffisent. Dans le bâtiment de liaison de la mairie, dessins, photos, broderies et sculptures des créateurs permettent de voir comment les réalisations en plein air s’inscrivent dans la lignée de leur travail.

A Lancy, les œuvres sont disséminées dans le quartier de La Chapelle. Pas de plan à disposition, il faut se promener et aller à la découverte. Le chemin de Compostelle est ponctué de travaux de Thomas Schunke combinant éléments naturels et fabriqués: violon empaillé, forêt de clubs de golf, arbres couronnés de métal ou de trompettes. Dans les bois, on tombe sur les photos rétroéclairées de Marion Tampon-Lajariette sur le thème du visage. Et on doit lever le nez pour apercevoir le pont de corde installé par Aline Morvan entre deux immeubles.

Au début, l’accueil de ces œuvres n’a pas été toujours enthousiaste. «Nous avons eu des réactions parfois violentes de personnes qui ne voyaient pas l’intérêt du projet, relate Nicole Kunz. Ce qui nous a permis d’entrer en dialogue avec eux, de leur expliquer notre démarche. Maintenant, des habitants aimeraient garder certaines réalisations.»

Ici aussi, la visite se poursuit en intérieur, à la Ferme de La Chapelle. Dans une vidéo de Marion Tampon-Lajariette, les figures des gymnastes amateurs de Lancy font écho aux objets exposés au Muséum de Genève. Juste à côté sont présentées les drôles de sculptures de Thomas Schunke combinant coquilles d’escargot et balles de golf, béton et racines, chaise et branches.

Mathilde Tinturier travaille elle aussi sur ce type d’association. Fleurs, feuilles, branches, scotch, alu ou ficelle se retrouvent chez elle transformés en tapisserie et en mobiles. Sur la mezzanine, les bouteilles en porcelaine d’Aline Morvan s’imbibent de vin, tandis que son moulage de tronc d’arbre attend de retourner à l’état de terre grâce à l’action des visiteurs.

Un journal comme catalogue

En guise de catalogue d’exposition, un journal a été édité, puis distribué ou mis à la disposition des habitants. Les informations sur les artistes, les projets, les lieux et les thématiques y sont abordées sous forme de rubriques. Le tout illustré par des dessins de Pascale Favre.

La médiation avec les habitants ne s’arrête pas là: de nombreux événements sont organisés tout au long de l’exposition. Notamment des ateliers de création de masques et de pain néolithique, une performance participative de Mathilde Tinturier, un concours de karaoké ou encore des balades culturelles à vélo. «Une autre manière de créer du lien social», conclut Maïa Wolf.

«Terrain fertile»jusqu’au di 29 octobre à Lancy et à Plan-les-Ouates. www.fermedelachapelle.ch et www.plan-les-ouates.ch

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