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«L’art peut être ludique et passer des messages importants»

Engagée pour la préservation de l’environnement, la Suisse Claudia Comte expose dès ce soir une nouvelle série d’œuvres chez Joy de Rouvre.

C’est dans le cadre de l’échange avec des galeries internationales que Claudia Comte a pu installer sa fresque murale et ses sculptures chez Joy de Rouvre. À voir jusqu'au 29 juin.
C’est dans le cadre de l’échange avec des galeries internationales que Claudia Comte a pu installer sa fresque murale et ses sculptures chez Joy de Rouvre. À voir jusqu'au 29 juin.
Steeve Iuncker

MachalovaCela faisait un moment que la galeriste genevoise, spécialisée dans les peintures murales, voulait donner carte blanche à Claudia Comte. D’autant plus que depuis son installation dans le Quartier des Bains, il y a un an et demi, seuls deux artistes, John Armleder et Guillaume Pilet, ont pu s’approprier l’ensemble des murs de sa galerie. «Il faut compter au moins deux semaines entre les expositions pour pouvoir mettre en place des wallpaintings», précise Joy de Rouvre. «Une pour repeindre en blanc, l’autre pour l’installation.» Un temps précieux que le rythme effréné de six vernissages communs annuels, imposé par l’Association du Quartier des Bains, laisse rarement aux artistes!

Work in progress

Mais cette fois-ci, à l’occasion de la collaboration entre les galeries de l’association et leurs pendants internationaux, Joy de Rouvre a tenu à ce que cela marche! Surtout que pour l’artiste vaudoise, représentée par l’allemande König Gallery, les peintures murales font partie intégrante de ses installations immersives. Afin de s’assurer que tout soit terminé dans les temps, elle et son équipe sont arrivées sur place déjà le week-end dernier. Après avoir posé les premières couches de peinture noir, lundi matin, les techniciens s’affairaient à enlever les scotchs des murs, laissant ainsi apparaître les formes géométriques du motif «ZigZag», imaginé par l’artiste.

Sur cette fresque murale d’inspiration OpArt, elle est venue découper des formes rappelant ses sculptures en céramique, disposées aux quatre coins de la galerie. Au nombre de sept, elles découlent de la série «Italian Bunnies», (Lapins italiens), entamée en 2016. «Je n’aime pas donner de définition claire car certains y voient des oreilles de lapin, d’autres des paires de jambes en l’air ou les doigts de la main. Ce qui m’intéresse, c’est ce contraste entre les formes géométriques et organiques», note l’artiste. D’ailleurs, pour rendre ses créations encore plus vivantes, elle n’a pas hésité à leur donner des noms de célèbres sculpteurs italiens comme Michelangelo, Pietro ou Leonardo. Sans oublier Propertia, seule femme sculptrice de le Renaissance, dont le nom a traversé les âges.

Si c’est avec ses sculptures en bois réalisées à la tronçonneuse que la trentenaire s’était fait connaître en premier lieu, ses dernières créations en céramique s’en inspirent directement. Pour leur réalisation, l’artiste, vivant entre Grancy et Berlin, a fait appel à plusieurs technologies de pointe comme des scans 3D ou des machines spécialisées dans la découpe de haute précision. Une étape importante car c’est cette modélisation en 3D qui lui permet de les décliner en plusieurs tailles, parfois monumentales, à l’image d’une énorme banane sculptée dans du marbre gris, fruit d’une commande privée.

Engagée pour les océans

Outre l’exploration de nouveaux matériaux et techniques, Claudia Comte travaille depuis plusieurs années avec la fondation TBA21, fondée en 2002 par la collectionneuse et mécène Francesca Thyssen-Bornemisza, s’impliquant dans la mise en oeuvre de projets artistiques liés aux enjeux de l’environnement.

C’est dans ce cadre que, récemment, la Vaudoise s’est envolée pour la Jamaïque où, pendant plusieurs mois, elle a suivi de près les recherches de biologistes marins. Il en résulte une nouvelle série de sculptures, inspirées par les formes du corail et que l’artiste présentera en 2020 lors d’une exposition au Musée Thyssen-Bornemisza, à Madrid. «Aujourd’hui, on ne peut pas être artiste et rester déconnecté des problématiques comme la déforestation ou la pollution des océans», conclut-elle. «Je suis persuadée que l’art peut être beau et ludique et passer des messages importants.»

«Bunnies & ZigZag» jusqu'au 29 juin chez Joy de Rouvre, 2, rue des Vieux Grenadiers. www.galeriejoyderouvre.ch

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