Archipel, à la conquête de nouvelles îles

FestivalEn mars, le rendez-vous de musique contemporaine illustre ses relations fructueuses avec d’autres disciplines.

Extrait de «La Grève» d'Eisenstein.

Extrait de «La Grève» d'Eisenstein. Image: DR

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Un dialogue intense avec le cinéma; un regard curieux rivé vers des instruments exotiques; une redécouverte de quelques œuvres qui ont réuni des plaques musicales qu’on a cru à tort trop éloignées de l’orthodoxie. C’est un fait, telle que veut continuer à la défendre le Festival Archipel, la musique contemporaine affiche des traits avenants, bien éloignés de l’idée reçue qui verrait en elle l’incarnation d’une citadelle imprenable dont les langages seraient destinés à un public d’initiés.

Alors que les contenus de la nouvelle édition ont été dévoilés mercredi, une évidence s’impose: le plus important rendez-vous du genre en Suisse romande se veut plus que jamais décomplexé, plus que jamais le miroir d’explorations artistiques qui agrègent les disciplines et renouvellent les modes d’expression. Du 20 au 29 mars, Archipel invite à explorer de nouveaux mondes, de nouvelles terres musicales, sous une bannière, «Alter écho», qui résume on ne peut mieux ce programme.

Le point fort de l’édition? Sans aucun doute la rencontre entre musique et septième art, et plus généralement avec l’univers des images. «Depuis quelques années, j’ai pu mesurer l’importance qu’a acquise le visuel dans la création musicale d’aujourd’hui, note le directeur du festival Marc Texier. Il m’a semblé naturel d’en faire l’écho en mettant en relief quelques cas significatifs.» Un exemple? La Grève, chef-d’œuvre du cinéma muet de Sergeï Eisenstein. Réalisé en 1924, il demeure un exemple de maîtrise du montage et du rythme. On pourra le redécouvrir aux Cinémas du Grütli dans une version mise en musique par le Français Pierre Jodlowski. Une autre redécouverte: le cinéma étonnant et si chargé d’humour de l’Ecossais Norman McLaren, qui aurait eu 100 ans cette année. Archipel rend hommage à ce personnage hors norme, qui composait la musique en gravant directement sur les bandes de pellicules récupérées: son œuvre sera au centre de la journée portes ouvertes, le dimanche 22 mars. A ne pas manquer, enfin, la création de Les Contes de la lune vague après la pluie, un opéra composé par Xavier Dayer sur un livret d’Alain Perroux qui s’inspire du film du Japonais Kenji Mizoguchi.

Les autres îles de cet archipel sonore ont des traits exotiques. On peut en explorer les contours en s’approchant de la birbyné, par exemple, sorte de clarinette qui marque la tradition lituanienne. Ses sonorités douces ont conquis la musicienne Carol Robinson, qui illustre l’étendue de sa passion dans une commande passée par le festival. On pourra aussi se familiariser avec le gamelan indonésien, grâce aux pièces de l’Américain Lou Harrison, qui propose un télescopage entre la culture occidentale et celle du Sud-Est asiatique. Le Festival Archipel, ce sera donc cela. Mais aussi l’occasion de se confronter à des compositeurs d’ici, jeunes ou très expérimentés, de Daniel Zea à Michael Jarrell. 

Festival Archipel Du 20 au 29 mars. Rens. www.archipel.org

Créé: 04.02.2015, 18h11

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