Anup Singh a adopté Genève pour faire du cinéma

Cinéma«The Song of Scorpions», est à l’affiche aujourd’hui.

Anup Singh: «Je réponds à la violence par la fable.»

Anup Singh: «Je réponds à la violence par la fable.» Image: LAURENT GUIRAUD

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C’est un film singulier, une ouverture sur un autre monde, cette Inde éternelle chantée par les poètes, ici narrée sur un rythme particulier. The Song of Scorpions, production franco-suisse, est tout sauf un film de Bollywood. Cette histoire d’amour et de vengeance, dans laquelle le rôle rédempteur d’une chanson vient redistribuer chaque rôle, on la doit à Anup Singh. Né en Tanzanie, il est basé à Genève depuis une vingtaine d’années. Raison supplémentaire de le rencontrer pour parler de ce projet étonnant.

Quel est votre lien exact avec Genève?

Je suis venu en 2001 aux Beaux-Arts pour y enseigner le cinéma et j’y ai rencontré ma femme, qui travaillait aux Nations Unies. Mais mon principal job est d’écrire et de faire des films.

Peut-on considérer «The Song of Scorpions» comme une fable?

Oui, un conte qui répond à la violence de notre époque. Aujourd’hui, on ne peut jamais savoir ce qui va arriver le lendemain. En 2007, en Inde, une femme avait été horriblement violée par des hommes dans un bus. Ce fait divers avait traumatisé les gens. Quand j’ai commencé à écrire mon film, en 2012, j’ai compris que je ne pouvais pas le traiter de manière réaliste. La fable répond à ce déferlement de violence.

Comment avez-vous convaincu la comédienne Golshifteh Farahani d’être du voyage?

Nous nous étions rencontrés au Festival d’Abu Dhabi. Elle y avait vu et aimé mon précédent film, Qissa. Pendant deux jours, nous avons énormément parlé. Son pays, où elle ne peut pas retourner, lui manque, et ne plus voir sa famille ni ses amis lui pèse. Quand elle m’en parlait, j’entendais le personnage du nouveau film que j’étais en train d’écrire. Les deux se ressemblaient. Quand j’ai terminé mon scénario, je suis allé la voir à Paris. Elle a tout de suite accepté le film, sans conditions.

A-t-il été facile de travailler avec elle sur le tournage?

Très, malgré des conditions climatiques éprouvantes. Les nuits étaient glaciales, les journées étouffantes. Quelques pas suffisaient à nous épuiser. Pourtant, il y avait la beauté du lieu, de ce carrefour entre l’Inde et le Pakistan.

Du fait de la coproduction du film entre la Suisse et la France, y avait-il des Suisses sur le tournage?

Le chef opérateur, le premier assistant et toute l’équipe image.

Vous n’avez pas eu besoin de coproduire le film avec l’Inde?

Sur mon précédent film, il y avait cinq coproducteurs. C’était un casse-tête. Pour celui-ci, nous avons réuni tout l’argent entre la France et la Suisse, donc pas eu besoin d’aller plus loin. En plus, mon film n’a rien de Bollywood et il n’inclut aucune star indienne.

Projection mercredi soir à 19 heures 45 au Scala en présence d’Anup Singh et de Golshifteh Farahani.

(TDG)

Créé: 13.03.2018, 18h23

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