Et Antigel a remis le son!

BilanAvec 50 000 entrées, la 8e édition assoit son succès grâce aux concerts et aux fêtes.

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Antigel, huitième édition, s’est clos samedi sur un bilan réjouissant: avec 50 000 entrées pour une programmation musique, performance et danse (lire ci-dessous) étalée sur trois semaines, le festival stabilise sa fréquentation, réitérant les chiffres de l’an passé. Manifestation transcommunale, également en ce qui concerne ses subventions, Antigel visitait pour la première fois la France voisine. Si l’éclectisme des propositions était de mise cette fois encore, le festival tâchant d’occuper des secteurs aussi variés que le sport – course à pied – ou les balades insolites – impressionnantes carrières du Salève illuminées de nuit –, c’est grâce à deux domaines plus traditionnels que le festival ramène du public. Les concerts, dont il faut révéler la grande qualité. Et les soirées festives du Grand Central, dans les anciens bâtiments CFF de Pont-Rouge.

L’affiche musicale, c’était Jane Birkin, accompagnée d’un orchestre symphonique au Victoria Hall, comme Einstürzende Neubauten, groupe phare du rock industriel des années 1980, à l’Alhambra. L’élégante salle du centre-ville s’impose d’ailleurs comme le site idéal pour accueillir les groupes à la mode. Qualité sonore, excellente visibilité: on y a vu le rappeur Lomepal devant un parterre d’ados et de jeunes adultes, signe que le festival cherche à renouveler son public. Complet, il va sans dire. Puis les phénoménaux Algiers, bombe américaine d’indus mêlé de soul. Du rock poing levé pour une prestation aussi violente que virtuose, basse, batterie, guitare, claviers et samplers appuyant le chant de rage et de velours du charismatique Franklin James Fisher.

Un zeste de Charlotte

Des phénomènes de la musique, Antigel en comptait plus que d’ordinaire cette année. Qu’ils soient esthétiques, ainsi d’Algiers. Ou liés au culte de la personnalité. Voilà donc l’attachante Jane Birkin accompagnée d’un orchestre classique. Émouvante soirée. Puis sa fille Charlotte Gainsbourg à la salle des fêtes du Lignon, samedi dernier pour l’ultime concert du festival. Charlotte, objet d’une adulation qui va au-delà de ses talents de musicienne – assez limités, quoique non dénués de charmes. Charlotte, que le public adore au minimum pour ce qu’elle est, joue au cinéma et dit dans ses interviews. Voire pour ce qu’elle chante. C’est le récent album Rest, alliance de la French touch électronique avec les manières plus sulfureuses de la no wave. C’est aussi ce que la fille de Serge a repris à son papa: ce Lemon Incest que sa mère, Jane, avait évoqué brièvement lors d’un pot-pourri orchestral deux semaines auparavant. Sacrée Charlotte Gainsbourg, dont on apprécie le sens de l’ironie. Et si le prix du billet était le plus cher du festival – 69 francs – la prestation restera dans les mémoires pour avoir été la plus courte – 70 minutes, sans débordements.

Une jeunesse impliquée

Enfin, le festival nous convainc de sa pertinence dans le paysage genevois pour ses soirées festives. Et qui dit fête, dit jeunes adultes. Auquel cas, le Grand Central a joué à plein son rôle d’agrégateur éphémère: 20 000 noceurs dans la place, comme en 2017. Antigel a su rameuter cette jeunesse dansante et bondissante. Également les acteurs de la scène musicale genevoise, le rappeur Slimka, la chanteuse Danitsa, les divers collectifs animant les nuits du bout du lac tels qu’Ozadya et ses DJ «baile funk & trap». Sans oublier le Collectif Nocturne, en charge de la salle du Terreau: deux soirées de concerts dans le cadre du festival. Autant de forces vives parmi lesquelles Antigel trouve de quoi renouveler son équipe organisatrice.

Créé: 18.02.2018, 20h28

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En cette 8e édition d’Antigel, la programmation dite «danse», assurée depuis 2015 par Prisca Harsch, s’est sentie plus étriquée que jamais dans cette dénomination. À l’annonce des titres à l’affiche, déjà, le communiqué de presse du festival prévenait: «Aujourd’hui, une formidable émulation artistique est en marche.

La scène contemporaine transcende les genres, les disciplines se mêlent et les artistes se réinventent.» La brochure du programme, à son tour, a dû adopter le terme générique de «spectacle» pour désigner pêle-mêle les propositions théâtrales (Pierre Rigal, Tiphanie Bovay-Klameth), chorégraphiques (Cindy Van Acker, Ayelen Parolin), plastiques (Aurélien Dougé, Maëlle Gross) ou performatives (David Mambouch, Nina Santes) – fallût-il s’obstiner à les classifier.

Et pourtant, si disciplines et genres se transgressent toujours plus librement, avec toujours plus de créativité, on n’aura pas, en huit ans d’Antigel, connu pareille cohérence d’esprit au sein du volet non strictement musical de la manifestation hivernale. Unité formelle, avec l’abolition quasi systématique du «quatrième mur»: les pièces se donnent le plus souvent sur un plateau occupé conjointement par les artistes et le public.

Cohésion thématique, avec un penchant affirmé pour le désordre essentiel, comme aboutissement de la quête d’une pureté, mais aussi d’une sauvagerie primitive. Et échos visuels, avec notamment ce curieux leitmotiv: de Sacre à Hymen Hymne, en passant par Même, un tas de matière, entre matrice et phallus, est venu, puis revenu, avaler ou vomir son environnement.


Katia Berger

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