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Anne Wiazemsky raconte le prêtre qu’elle a aimé adolescente

L’actrice revient sur la relation d’amitié très forte qu’elle a entretenue avec le Père Deau, son professeur au lycée privé dans les années 60.

L’actrice et écrivaine publie «Un saint homme», un récit de la relation affectueuse qu’elle a vécue avec un prêtre, son ancien professeur de lycée.
L’actrice et écrivaine publie «Un saint homme», un récit de la relation affectueuse qu’elle a vécue avec un prêtre, son ancien professeur de lycée.
DR

Anne Wiazemsky a toujours évoqué son histoire et celle de sa famille dans ses livres. La petite-fille de François Mauriac a narré dans Une poignée de gens – qui lui a valu le Grand Prix de l’Académie française en 1998 – l’histoire d’une famille aristocrate fuyant la Russie après la révolution de 1917. Un récit inspiré de la famille de son père, le diplomate Yvan Wiazemsky. Dans Une année studieuse(2012), elle racontait ses premiers pas à l’écran, sa rencontre avec le cinéaste Jean-Luc Godard et leur mariage en juillet 1967.

Aujourd’hui, l’actrice revient sur un pan de son enfance par le biais de la relation d’amitié très forte qu’elle a entretenue avec le Père Deau, le prêtre qui était son professeur de français et de latin au collège et au lycée privé qu’elle fréquentait à Caracas dans les années 60. Un saint homme – c’est le titre de ce bref roman – est surtout un hommage à ce tuteur formidable qui est décédé depuis une dizaine d’années. Le récit s’ancre dans la reprise de contact du Père Deau suite au succès littéraire d’Anne Wiazemsky, qui remonte à une vingtaine d’années. Un coup de téléphone du prêtre apprend à l’auteure qu’il vit désormais en France, à Bordeaux. Ils conviennent de se revoir. Hormis son embonpoint et sa barbe blanche – vingt-cinq ans ont passé depuis leur dernière rencontre – le Père Deau n’a pas changé. Il se montre aussi bienveillant avec Anne que lorsqu’elle était au lycée.

A cette époque, l’élève et le prêtre se voyaient avant les cours, pour «discuter, échanger des idées, des points de vue. Sur la lecture principalement.» Mais aussi sur la foi, qu’Anne Wiazemsky perdra par la suite: «Le contraste entre la misère des bidonvilles et d’autres quartiers riches de Caracas me choquait. Comment Dieu tolérait-il une telle injustice? Il essayait de tempérer mes emportements», écrit-elle.

Pourtant, leur relation privilégiée n’était pas regardée d’un bon œil par tous, notamment par certaines mères d’élèves, qui s’entêtaient à y voir un rapport charnel interdit. «(Elles) avaient porté plainte auprès du père supérieur. Ma mère avait défendu mon professeur comme une lionne ses petits, persuadée de l’innocence de nos rendez-vous matinaux et témoin de tout ce que ces échanges m’apportaient. Mais le mal et la calomnie avaient laissé des traces. Une accusation que les deux compères qualifient encore de «dégueulasse» avec colère, vingt-cinq?ans après.

Que vaut ce livre? Ce n’est ni la clé de voûte de l’œuvre d’Anne Wiazemsky ni le vilain petit canard de ses publications. Un saint hommese laisse lire aisément et plaira aux fans de l’actrice ainsi qu’aux adeptes de l’autobiographie. L’écriture est fluide, l’émotion mesurée. Du côté des enjeux, c’est cependant assez plat.

«Un saint homme»Anne Wiazemsky, Ed. Gallimard, 120 p.

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