Quand l’animal tend un miroir à l’être humain

ExpositionA la Ferme de la Chapelle, gravures, dessins, transferts et céramiques brouillent les frontières entre les mondes

Avec ses crayons de couleur, Lucie Kohler crée un univers onirique vaguement inquiétant, peuplé de figures zoomorphes.

Avec ses crayons de couleur, Lucie Kohler crée un univers onirique vaguement inquiétant, peuplé de figures zoomorphes. Image: Lucie Kohler

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Quelle est la part d’humain, quelle est la part d’animal? Dans les œuvres présentées à la Ferme de la Chapelle, on ne sait plus très bien. C’est d’ailleurs tout l’intérêt de Zoomorphismes, à voir jusqu’à fin mai. A travers des techniques fort différentes, l’exposition explore les frontières entre les deux mondes, et nous renvoie à notre propre bestialité.

En entrant dans la galerie, le visiteur est accueilli par les figures grandeur nature de Barbara Cardinale. De face, le buste nu, ces femmes à tête de gazelle, biche, louve ou chatte semblent nous interpeller. La technique choisie par l’artiste lausannoise, le transfert de photo sur bois, leur donne un rendu flou, presque irréel. On pense alors aux nombreuses figures zoomorphes qui peuplent la mythologie.

Juste au-dessus, sur la mezzanine, Lucie Kohler joue clairement avec les références dans ses œuvres colorées. On y rencontre des créatures mélangeant des caractéristiques humaines et animales, mais aussi franchement imaginaires. L’univers des livres pour enfants n’est pas loin, d’autant que l’artiste utilise des crayons de couleur. Même si cet aspect se retrouve tempéré par un côté vaguement inquiétant, ou malsain. Le tout sur un décor de plantes et de fleurs typiquement suisses, dont la taille démesurée renforce l’aspect chimérique. Un style naïf également présent dans les œuvres céramiques de la Genevoise: des petits personnages pleins d’humour, où les animaux utilisés sont difficilement reconnaissables mais évoquent furieusement des humains.

Quant à Pablo Osorio, Colombien établi à Genève, il a choisi la technique de la gravure pour faire se rencontrer hommes et animaux. Dans ses grands formats, des silhouettes dotées de pattes d’oiseaux domptent des ours, un poisson se transforme en parachute et un ours tient des cerfs-volants humains. Moins onirique, sa série de petits portraits joue avec les contrastes entre le noir-blanc et la couleur, le rendu réaliste et le fond décoratif. Cochon tatoué, zèbre en habit chinois, babouin en Perfecto et lama avec des fleurs à l’oreille semblent prendre la pose devant l’objectif. Si elles prêtent à sourire, ces figures tapent juste, car chacun se reconnaîtra dans l’une d’elles…

«Zoomorphismes», jusqu’au 31 mai à la ferme de la Chapelle, 39, rte de la Chapelle. Ma à di, de 14 à 18 h. Infos: 022 342 94 38 et sur www.fermedelachapelle.ch (TDG)

Créé: 04.05.2015, 18h18

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