Ange ou démon, Maulini dévoile son drôle de karma

HumourLe comédien genevois présente son nouveau one-man-show. Irrésistible et mouvementé.

Sur l’affiche de son nouveau spectacle, Antoine Maulini joue les diablotins. «J’ai un côté ange et démon», confesse-t-il.

Sur l’affiche de son nouveau spectacle, Antoine Maulini joue les diablotins. «J’ai un côté ange et démon», confesse-t-il. Image: DR

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Plus près de chez lui, pas possible. Antoine Maulini habite à trois minutes à pied du Casino-Théâtre, où il se produit en ce moment avec «#Karma», son deuxième one-man-show. Un spectacle d’humour chaud bouillant, au cours duquel cet ancien champion du monde de salsa cubaine apparaît ponctuellement entouré de quatre danseuses. À l’aise entre les murs de la belle salle rococo, l’impétueux trentenaire y retrouve des sensations familières. Avant de s’illustrer à plusieurs reprises dans la Revue genevoise, il y a officié durant cinq ans comme placeur et caissier. Des années plus tôt, confortablement calé dans les fauteuils rouges de l’établissement, le môme qu’il était y a connu ses premières émotions théâtrales, marquées par les saillies de Pierre Naftule et le talent de Joseph Gorgoni. À son tour d’investir les lieux, tout sourire sur une affiche qui le voit jouer les diablotins de service.

Vérités et affabulations

«J’ai un côté ange et démon», confesse-t-il en coulisses entre deux répétitions. Une dualité que le comédien genevois utilise sur scène pour donner vie à toute une série de personnages irrésistibles, du Genevois râleur au toubib des HUG en passant par un travelo brésilien qu’il a popularisé à travers différentes interprétations dans le passé.

Attaché sentimentalement au Casino-Théâtre, Maulini ne s’y produit pas sans pression. «Je me dis que je n’ai pas le droit d’être moins bon que dans mon précédent solo», confie-t-il. En avril 2017, au Point Favre, à Chêne-Bourg, le comédien genevois débitait plein tube son parcours de vie peu banal dans «Le mytho», un spectacle très réussi entre vérités et affabulations. Dans la foulée, il remportait le Prix Morges-sous-Rire de la relève de l’humour avec différentes séquences de son show. Depuis, il s’est produit dans de grands festivals d’humour à l’étranger, et sa carrière a décollé en flèche.

À poil sur la place Neuve

À l’évidence, dans le registre de la confession, notre homme en gardait encore sous la semelle. «Pour «Le mytho», j’avais écrit 120 pages de texte, l’équivalent de quatre heures de représentation sur scène», se souvient-il. Certains passages sacrifiés méritaient mieux que l’oubli. Avec Gaspard Boesch, son metteur en scène, Maulini les a retravaillés, en phase avec l’actualité du moment.

Reprenant le principe de la véracité et des bobards, il fait feu de tout bois. A-t-il vraiment sauté à poil dans le bassin de la place Neuve après la victoire de Federer et Wawrinka en Coupe Davis? Sans doute. A-t-il fait foirer une croisière destinée à observer les dauphins? Probablement. En tout cas, le passage sur son hyperactivité repose sur des bases bien réelles. «À l’école, j’avais toujours terminé avant tout le monde, je ne tenais pas en place, les profs me trouvaient dissipé. On m’a diagnostiqué très tardivement et fait prendre un nombre invraisemblable de médicaments.»

Authentique également, la séquence qui le voit mouliner à propos d’une année 2019 mouvementée. «Je me suis fait hospitaliser douze fois, dont six opérations sous anesthésie générale!» Mauvais karma que celui d’Antoine Maulini? «Quand tu fais des conneries, tu finis par les payer», annonce tout de go l’intéressé sur scène, justifiant partiellement une poisse chronique. «Je suis devenu un soûlard, je mène une vie de débauche», chante-t-il aussi. Vrai ou faux?

Thérapie par le rire

«Depuis deux ans, je suis sur des montagnes russes: des hauts magnifiques et des bas… vraiment bas», élude-t-il. Sur scène, l’évocation de ses galères ressemble à une thérapie par le rire. «Il y a quelque chose de cet ordre. Quand on arrive à tourner en dérision les choses qui nous ont blessés, c’est qu’on les a surmontées.» S’il se dévoile, l’impulsif prend soin de conserver une part d’universalité à ses propos. «Si je livre de nombreux éléments personnels, j’aime que les spectateurs puissent se reconnaître dans certaines situations ou certains personnages.» C’est aussi pour cela qu’on l’aime.

«#Karma» De et par Antoine Maulini. 6 et 7 février, Casino-Théâtre, rue de Carouge 42. Je 19h, ve 20h. Rés.: 022793 54 45. www.theatre-confiture.ch

Créé: 05.02.2020, 15h33

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