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Aïssa Maïga, un visage qui illumine le FIFDH

La comédienne fait partie du jury fiction au festival.

Aïssa Maïga à Genève.
Aïssa Maïga à Genève.
MIGUEL BUENO

Toute compétition suppose un jury, et celui du FIFDH n’y fait pas exception. La merveilleuse Aïssa Maïga, dont le sourire et le talent illuminent les écrans depuis plus de vingt ans, fait partie de celui des fictions. Entre deux projections, elle nous a accordé un entretien.

Parmi vos premiers films, il y avait un Tanner en partie réalisé vers Genève, «Jonas et Lila, à demain», en 1999. Quel souvenir en gardez-vous?

Un très bon souvenir. Je rentrais dans la réalité de ce métier et rencontrais des personnes qui construisaient des œuvres. J’avais un peu peur. Je craignais de ne pas être à la hauteur. Aujourd’hui, j’ose proposer. La peur a fait place à l’humilité.

Dans votre filmographie, on trouve également deux films de Michael Haneke, «Code inconnu» et «Caché». Que pouvez-vous en dire?

La première fois, j’ai failli être recalée avant le casting. J’ai pourtant fini par avoir le rôle. Puis j’ai recroisé Haneke à Cannes. Je dirais qu’il est à la fois bienveillant, clownesque et d’une grande rigueur.

En parcourant la liste de vos films, on a l’impression que vous n’arrêtez jamais.

Moi, j’ai l’impression d’être une miraculée. Beaucoup d’actrices ont moins de rôles lorsqu’elles arrivent à la quarantaine. Personnellement, je ne me suis jamais sentie aussi bien. J’ai trop de choses à faire pour m’occuper de mon âge. Ma combativité va grandissante. J’ai envie d’écrire, de mettre en scène, d’ouvrir ma gueule. Et contrairement à d’autres, je peux m’arrêter de tourner sans tomber en dépression.

Y a-t-il un genre que vous préférez aux autres?

Oui, le film d’auteur. C’est le lieu d’expression avec lequel je me sens en connexion. Les exigences formelles, la volonté de prendre position, de raconter le monde avec un regard critique. Mais attention, je fais aussi volontiers des films populaires, des comédies. Il y a souvent des Noirs dedans, même si le cinéma français a encore du mal à bouger avec ces choses-là. Ils sont soit invisibles, soit stéréotypés.

Vous êtes engagée dans une ONG africaine. Est-ce aussi pour cela que vous avez accepté l’invitation du FIFDH?

Je pense surtout que tout le monde a droit aux fondamentaux de la culture. Ce festival rejoint mes convictions humanistes.

Votre engagement remonte-t-il à l’assassinat de votre père, journaliste tué dans des circonstances troubles à Ouagadougou en 1987?

Il remonte même à mon grand-père paternel et aux discussions politiques que nous entendions. Le décès de mon père, c’est un manque avec lequel j’ai dû grandir. Ce drame est à l’origine de mon envie d’être actrice.

Qu’est-ce qui vous déplaît dans le cinéma?

Son aspect moutonnier. Les gens, un jour, ne croient pas au potentiel d’un type d’histoire. Et tout à coup, quelqu’un la tourne, c’est un carton, et tout le monde veut faire la même chose. Le déni est aussi quelque chose qui m’insupporte. Par exemple à propos de l’existence d’une forme de racisme dans le cinéma. Je dois avouer que je n’accède pas assez aux rôles de femmes non noires.

Quels sont aujourd’hui vos désirs?

Je rêve d’un grand rôle.

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