L’adolescence façon retour vers le futur

ThéâtreLudovic Chazaud déterre la bonne vieille méthode structuraliste pour remonter le temps.

M. Glayre et C. Nidegger jouent la violence, sexuelle et narrative.

M. Glayre et C. Nidegger jouent la violence, sexuelle et narrative. Image: DOROTHEE THEBERT FILLIGER

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Le pendule de l’histoire voulait sans doute que l’on revisitât, cinquante ans après, les principes de la narratologie. Ludovic Chazaud, qui n’a pourtant rien du lettreux barbotant dans les théories de Gérard Genette, s’en charge avec «Sara – Mon histoire vraie (1)», qui sait, peut-être à l’insu de son plein gré. Mais parce qu’il hume aussi l’air du temps, le metteur en scène franco-suisse ne se limite pas à la recherche formelle, il aborde frontalement un sujet de société: le harcèlement sexuel.

Son «histoire vraie» ne l’est que partiellement. Le trentenaire expose en prologue au public qu’il a retrouvé son amour d’adolescence et lui a demandé de révéler une page marquante de son passé. À force d’enquête et de témoignages récoltés, c’est ce souvenir du viol organisé d’une camarade de classe qu’il transpose à la scène. Ayant délégué son propre rôle à Mathias Glayre, distribué celui de Sara à Céline Nidegger et confié les claviers à Cédric Simon, il n’hésite pas à intervenir à plusieurs reprises durant le spectacle, multipliant les niveaux du récit. À même le plateau blanc laqué, sous lles éclairs luminescents de la mémoire, temporalités, narrateurs, personnages ou destinataires se fragmentent ou se brouillent, allant jusqu’à pasticher les maîtres du structuralisme.

Deux faiblesses, en outre, persistent au long de la représentation. La déplorable acoustique de la grande salle de la Comédie, d’abord, qui étouffe les voix au point de les rendre inintelligibles. Et l’esprit adulescent qui teinte la pièce, son écriture, ses tics, au point de négliger les enjeux du double fil rouge que tressent la violence et le récit. Papa d’une fillette à qui il dédie cette création, celui qui enseigne par ailleurs le jeu aux ateliers du Loup semble se rassasier d’une indécrottable nostalgie.

«Sara – Mon histoire vraie (1)» La Comédie, jusqu’au 9 déc., 022 320 50 01, www.comedie.ch (TDG)

Créé: 06.12.2018, 18h53

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