L’ADC et le Grütli choient la mémoire d’une muse

HommageUn an après sa disparition, la danseuse et chorégraphe Noemi Lapzeson ressuscite en deux stations.

Marcela San Pedro et Nicolas Wagnières tournent leur film sur Noemi.

Marcela San Pedro et Nicolas Wagnières tournent leur film sur Noemi. Image: STEEVE IUNCKER GOMEZ

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Yeux bleus avides, chevelure blanche électrique, silhouette limée par l’effort, Noemi Lapzeson s’est imprimée à jamais sur les rétines des usagers autant que des acteurs de la scène culturelle genevoise. La danseuse, chorégraphe et pédagogue d’origine argentine, arrimée au bout du lac depuis 1980, s’est éteinte le 11 janvier dernier à l’âge de 77 ans. Ses élans retenus, sa voix jaillie des entrailles continuent de hanter nombre d’amateurs, comme en témoigne le copieux hommage qui lui sera rendu en deux temps – d’abord ce week-end à la Maison des arts du Grütli, puis à l’ADC au début de février.

Grouillant, le programme des «Retrouvailles» imminentes. À l’image de celle, sans cesse à l’affût de découvertes artistiques, par qui la danse contemporaine – et l’association à son service – est arrivée à Genève. Parmi les projections d’innombrables films d’archives, les photographies du fidèle Jesus Moreno, les lectures, visionnements, écoutes musicales et autres cours publics dispensés selon les méthodes de la préceptrice, deux éléments attirent surtout l’attention au sein de ce premier volet.

Sur le plan symbolique, d’abord. Dès l’ouverture de la Maison des arts du Grütli en 1988, la créatrice et enseignante a inlassablement occupé le grand studio de répétition pour lequel elle avait milité. Ce lieu d’étude, d’invention, de recherche et de transmission, la directrice de la compagnie Vertical Danse l’a imprégné trente ans durant d’une «studiosité» indissociable de son nom. C’est pourquoi il en sera désormais baptisé.

Un DVD inédit sera également verni à l’occasion de la célébration. Tourné en 2015 par Marcela San Pedro, élève, danseuse, fille spirituelle de Noemi, et Nicolas Wagnières, vidéaste, «A la recherche des pas trouvés» se révèle un véritable outil pédagogique. On y voit notamment la chorégraphe parcourir les 60 exercices originaux que proposait son enseignement. «La mort de Noemi nous a tellement décontenancés, témoigne sa disciple, que nous ne savions pas, sur le moment, par quel geste la saluer. Un an après, Nicolas et moi avons pu mettre le coup d’accélérateur final au film que nous mûrissions depuis quelques années. À l’heure qu’il est, je suis encore en salle de montage, à regarder bouger Noemi!»

À la compilation des traces laissées par Lapzeson répondront à l’ADC, dans le cadre du Festival Antigel, deux spectacles en guise de «Dédicaces». Avec «Noemi va seule», le danseur Vincent Dunoyer se fraie un chemin vers la créatrice à partir de reliques. Avec «Là-SEXTET», le Français Pierre Pontvianne reprend, depuis 2016 déjà, un flambeau comme allumé par la regrettée artiste argentine.

«Retrouvailles» et «Dédicaces» Maison des arts du Grütli du 11 au 13 jan., puis Salle des Eaux-Vives du 4 au 6 fév., 022 320 06 06, www.adc-geneve.ch (TDG)

Créé: 08.01.2019, 19h53

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