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Les acteurs culturels se fédèrent à nouveau

Avec la FRACG, ils ont créé une plateforme visant à mutualiser les forces et coordonner des actions.

La FRACG s’est réunie jeudi devant la presse, sous la coordination de Fabienne Abramovich.
La FRACG s’est réunie jeudi devant la presse, sous la coordination de Fabienne Abramovich.
Laurent Guiraud

Après le Ric-Rac (Rassemblement des institutions et des associations culturelles), le Mouvement 804 et le RAAC (Rassemblement des artistes et acteurs culturels), voici la FRACG, soit la Fédération du réseau artistique et culturel – Genève. Cette plateforme à l’acronyme un brin barbare a dévoilé jeudi sa raison d’être et ses missions.

Face à des dossiers politiques toujours plus complexes – comme la LRT-2 (loi sur la répartition des tâches entre les communes et le Canton en matière de culture) ou la mise en œuvre de l’initiative «Pour une politique culturelle cohérente» (IN167) – et la précarité dans laquelle vit une majorité d’artistes, les milieux culturels jugent indispensable de se fédérer afin de se concerter, de mettre en commun leurs forces et de gagner en visibilité au-delà de leur diversité.

Échanger, réfléchir, réagir

«Nous avons toujours su réagir dans l’urgence face à l’actualité, preuve en sont les succès des référendums contre les coupes budgétaires ou de l’IN167 l’an passé, explique Fabienne Abramovich, coordinatrice du projet. Mais nous avions besoin de disposer d’une structure pérenne qui nous permette d’échanger, de réfléchir ensemble à des enjeux cruciaux pour la protection des artistes, comme nos retraites et notre LPP, de défendre les intérêts collectifs ou de répondre à l’agenda politique.» Soulignant que la création d’une telle plateforme permettra en outre de mieux considérer les quarante ans d’histoire des mouvements et des luttes pour la culture à Genève, la chorégraphe et réalisatrice assure que la FRACG compte être «un acteur répondant pour les problématiques actuelles». L’ouverture d’un site internet facilitera également la communication au sein du réseau comme avec les interlocuteurs extérieurs, tels les représentants du Conseil consultatif de la culture.

Le support regroupe pour l’heure cinq premières entités: Action intermittence, la Fédération genevoise des musiques de création (FGMC), les Rencontres professionnelles de la danse – Genève (RP), l’Aropa (Association romande de la production audiovisuelle) et le Garage (Groupe d’action pour la rémunération des artistes à Genève). D’autres associations ou regroupements, à l’instar de La culture lutte, Ressources urbaines ou différentes compagnies de théâtre, ont manifesté leur intérêt mais doivent encore convoquer une assemblée. «Aujourd’hui, nous faisons notre coming out après trois ans de travail, sourit Fabienne Abramovich. Le processus est lancé et se poursuivra durant l’année 2020.»

La FRACG s’adresse à toute organisation ayant pour but de soutenir les artistes et de défendre leurs droits, hors institution de programmation ou de diffusion. «Il s’agit d’un instrument essentiel pour les associations constituées, avance Alexandra Tiedermann, présidente d’Action intermittence, organisme à l’origine du projet. L’idée est de se réunir au sein d’une structure claire et démocratique.» Les entités adhérentes, lesquelles ont souvent une longue expérience de terrain derrière elles, demeurent souveraines. Elles mettront en place des groupes de travail afin de cerner leurs besoins puis «formuler des propositions dans la perspective d’une politique culturelle généreuse et plurielle». Comparant le fonctionnement de la nouvelle fédération à celui d’un parlement, ses membres présagent un gain de temps et d’efficacité.

Plus de moyens financiers

Au cœur des revendications de la FRACG figurent une augmentation des moyens financiers pour la culture et la création indépendante ainsi qu’un statut social et des conditions de travail décentes pour les artistes et les acteurs culturels.

Tandis que les RP demandent, par la voix de leur secrétaire générale, Barbara Yvelin, «une revalorisation du soutien aux métiers de la danse», Béatrice Graf, présidente de la FGMC, appelle les autorités à mieux équilibrer les budgets, qui «favorisent trop le patrimoine au détriment de la création». «Notre travail nourrit les institutions et enrichit notre cité, conclut Fabienne Abramovich. Il est normal que nous soyons considérés comme des citoyens à part entière.»

FRACGreseau-culturel-geneve.ch

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