Un refuge au bout de la plume

Semaine contre le racismeAu parc Gourgas, Claude Thébert donne lecture de textes de migrants nés des ateliers d’écriture menés par l’auteure Marina Skalova.

Venue d’Inde en 2006, Suzy se dit fière d’avoir rédigé 4 pages en français dans le cadre de l’atelier dirigé par Marina Skalova. «J’ai appris à creuser mon passé», sourit-elle. «J’aime la communication sociale», confie quant à lui l’Erythréen Bereket, arrivé en octobre 2015, qui a contribué en tigrigna à un poème sonore.

Venue d’Inde en 2006, Suzy se dit fière d’avoir rédigé 4 pages en français dans le cadre de l’atelier dirigé par Marina Skalova. «J’ai appris à creuser mon passé», sourit-elle. «J’aime la communication sociale», confie quant à lui l’Erythréen Bereket, arrivé en octobre 2015, qui a contribué en tigrigna à un poème sonore. Image: STEEVE IUNCKER GOMEZ

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Une «cabane éphémère» faite de matériaux recyclés et un «refuge idéal» fait de mots. Deux constructions réalisées en parallèle durant la Semaine d’actions contre le racisme (SACR, du 14 au 23 mars) au parc Gourgas. La première est en cours d’édification ce mercredi même par les associations Galta et Yume, qui interviennent au sein de la Maison de quartier de la Jonction et du Foyer la Praille pour requérants d’asile (Hospice général).

La bâtisse verbale résulte d’un projet de plus longue haleine conduit par le Centre de formation artistique et littéraire (C-FAL), en partenariat avec l’Unité d’action communautaire de Plainpalais-Jonction-Acacias de la Ville de Genève. L’une et l’autre fondent la manifestation De l’exil au refuge, qui entend «ouvrir une fenêtre sur l’Autre» et «amener le public à s’approprier la problématique de la trajectoire d’un individu traversant des frontières».

Décrire le refuge de ses rêves, «celui auquel on aspire au fond de nous, quels que soient notre âge et notre parcours»: tel est le thème des ateliers d’écriture organisés par l’écrivaine d’origine russe Marina Skalova. Deux de ces workshops seront donnés ces jeudi et vendredi dans le cadre de la SACR – un pour les adultes, l’autre pour les ados.

Une racine au mot «émigré»

Mais il faut leur ajouter deux autres laboratoires, qui ont eu lieu au préalable et dont on entendra à Gourgas plusieurs fragments lus par Claude Thébert. «Assister à un atelier auquel prennent part des migrants a suscité en moi une énorme émotion», raconte le comédien franco-romand, qui, en fonction du public présent ce soir, a prévu «toute une réserve de textes supplémentaires à lire au cas où». «Entrer dans un foyer et y rencontrer des gens tellement désireux d’apprendre et d’expérimenter, croyez-moi, c’est magnifique, ajoute-t-il. Je commence seulement à comprendre ce que signifie le mot «émigré». Je commence à y mettre des racines.»

Poème sonore multilingue

Expérimenter, en effet. Car le workshop organisé par Marina Skalova au Foyer la Praille, qui accueillait des primo-arrivants – tous des hommes – a donné naissance à un objet artistique qui déborde la simple rédaction sur thème imposé. Soit un poème sonore où s’imbriquent les mots des six participants érythréen, malien, sénégalais, tunisien, ukrainien et gambien, dans chacune de leurs langues. L’enregistrement de cette création métissée sera diffusé le 23 mars lors du finissage de la Semaine.

Réunissant quant à lui cinq immigrées de plus longue date, mamans originaires d’Inde, du Népal, d’Equateur, d’Italie et d’Afghanistan, le second séminaire s’est basé sur le récit de l’écrivain français Georges Perec Espèces d’espaces. Il débouche quant à lui sur des contes, dont un collage sera porté lors du vernissage par la voix de Claude Thébert.

Libérer une parole à la fois intime et nomade au gré d’échanges collectifs. La partager avec un public genevois sédentaire, qui, en cherchant bien, lui trouvera des échos personnels. En conclure que la migration est une expérience commune et universelle. «Je me réjouis du présent phénomène qui consiste à sensibiliser les citoyens aux réalités auxquelles sont confrontés les réfugiés, affirme Marina Skalova. Encore faut-il qu’une prise de conscience sociétale et politique succède aux actions événementielles. Les personnes qui arrivent chez nous privées de droits ont besoin de solutions urgentes, que la culture seule n’est pas à même d’offrir.»

«De l’exil au refuge» Parc Gourgas, jusqu’au 23 mars. Ce me 16, construction d’une cabane et lecture par Claude Thébert à 18 h 30. Prog. sur www.c-fal.ch (TDG)

Créé: 15.03.2016, 18h04

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