Michaël Youn: «La France est un pays que l’on aime détester»

CinémaTous deux à l’affiche de Vive la France! le réalisateur et sa compagne Isabelle Funaro restent collés l’un à l’autre même lors de l’interview

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Après Fatal, où il avait déjà dirigé sa compagne – pour le pire - , Michaël Youn remet ça dans Vive la France! qui sort mercredi, cette fois pour le meilleur. Ancienne mannequin et ex de Pascal Obispo (avec lequel elle a Sean, 12 ans), la belle Isabelle Funaro (30 ans) partage depuis sept ans la vie de l’ancien trublion du paf. Et depuis deux ans, ils emmènent leur petite fille Seven partout avec eux. Serait-ce elle qui a eu un effet si bénéfique sur son chéri qu’il a décidé de laisser une bonne fois pour toutes ses fesses dans son pantalon ?

Tourner ensemble, assurer la promo du film ensemble, est-ce là le meilleur moyen que votre conjoint ne vous dise pas «tu passes trop de temps au boulot » ?

Isabelle Funaro (IF): «Carrément! C’est surtout le meilleur moyen de rester en famille le plus possible.»

Michaël Youn (MY): «C’est une façon de se construire des souvenirs ensemble. En plus on a fait le montage à la maison. Comme ça, je voyais ma femme et ma fille au moins 20 minutes par jour. Et quand j’avais un doute, Isabelle me donnait son avis. Un film c’est une addition de détails, mais aussi une addition de doutes. Moi je suis quelqu’un qui doute énormément dans la vie de tous les jours aussi: pour choisir un restaurant il me faut parfois 25 minutes. En revanche pour choisir Isabelle, il ne m’a pas fallu beaucoup de temps…»

Ce film, c’est une manière de dire à votre pays d’adoption que vous l’aimez ?

MY: «Oui! En ce moment, il y a une mode qui s’appelle le «France-bashing» c'est-à-dire on balance sur la France. Les Français dénigrent leurs pays. Mais faut qu’on se rappelle qu’on vit dans un des plus beaux pays du monde. Quand je dis ça en France, les gens baissent les yeux. Quand je dis ça en Suisse on pourrait penser que c’est de l’arrogance. Voilà, j’avais envie de célébrer à ma façon le pays qui a accueilli mes grands-parents. On parle du rêve américain, mais on ne parle pas du rêve français. Isabelle s’appelle Funaro, sa grand-mère est polonaise. Les miens sont hongrois, italien, juif marocain et juif algérien. Si la France ne m’avait pas accueilli, je ne serais pas là…

La promo, elle est différente en France qu’ici en Suisse ?

MY: «Ce n’est pas la même chose de parler de Vive la France! à des Français qui sont dans l’autodénigrement qu’à des Européens pour qui les Français sont des râleurs arrogants qui sont déjà fiers de leur pays. En revanche, ce qui peut plaire à un public suisse ou belge ou italien ou allemand – on a déjà vendu le film dans 15 pays - c’est que la France est un pays que l’on aime détester. Ils seront contents de voir un film dans lequel les Français se malmènent, où ils font preuve d’un peu d’autodérision.

Et la suite, toujours ensemble ?

IF : «Des vacances ! Alors évidemment que ce sera ensemble.»
MY: «Il ne faut jamais dire ça à un journaliste.»
IF: «Oui mais là ça fait deux ans qu’on n’est pas partis en vacances.»
MY: « Autant quand on te voit on peut comprendre, mais quand on le voit noir sur blanc, on se dit «mais pour qui ils se prennent». Je t’assure !» (TDG)

Créé: 19.02.2013, 21h09

Critique du film «Vive la France!»

Deux lascars hirsutes, moustachus et misogynes (Michael Youn et José Garcia) formés comme terroristes à deux balles dans leur pays d'origine, le Taboulistan, débarquent en France avec pour mission de faire exploser la Tour Eiffel. Le seul moyen, selon leur dictateur, de faire connaître leur petit pays. Après une grève des contrôleurs aériens, une bombe en Corse, une traversés de Marseille avec le maillot du PSG notamment, ils rencontrent une journaliste, la belle Marianne, qui, les prenant pour des sans-papiers, les aidera à rejoindre la capitale. La succession de clichés négatifs puis positifs sur une France que même ses habitants aiment détester est efficace. Par bribes, Muzafar et Feruz nous rappellent même quelques scènes de la Grande vadrouille, mais la comparaison s'arrête là. Après Fatal, Michael Youn revient à la réalisation avec un léger mieux. Les grosses ficelles de son humour devraient continuer emballer un public adolescent.

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