Miam! Un duo savoureux lie cuisine et BD

Bande dessinéeDans un nouveau volume d'«A boire et à manger», Guillaume Long et Sonia Ezgulian mêlent avec humour recettes et belles histoires gourmandes. Rencontre derrière les fourneaux.

Guillaume Long et Sonia Ezgulian tels que le dessinateur s’est représenté avec sa complice en bons petits plats. «J’ai un peu forcé le trait», avoue l’auteur d’«A boire et à manger».

Guillaume Long et Sonia Ezgulian tels que le dessinateur s’est représenté avec sa complice en bons petits plats. «J’ai un peu forcé le trait», avoue l’auteur d’«A boire et à manger». Image: G.Long/Ed. Gallimard

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Aux fourneaux comme en BD, ce duo s’y entend pour allécher son monde. Cuisinière au parcours atypique, Sonia Ezgulian maîtrise l’art de mitonner de bons petits plats goûteux, dont le fumet vous aiguise l’appétit bien avant le premier coup de fourchette. Fin gourmet lui aussi, Guillaume Long marie depuis 2010 la popote et la bande dessinée sur un blog culinaire à succès hébergé par le site du journal Le Monde. L’ancienne journaliste de Paris Match et l’auteur des albums A boire et à manger étaient faits pour s’entendre. Ensemble, ils publient un recueil à croquer, chroniques gourmandes au ton on ne peut plus appétissant. Comme c’est dans les marmites bien culottées qu’on mijote les meilleurs plats, le titre n’a pratiquement pas changé. A boire et à manger avec Sonia Ezgulian remet le couvert au niveau du miam humoristique tout en célébrant un ingrédient délicieux: le partage. Disons-le d’emblée, c’est succulent!

Disciple empoté

Pour découvrir de visu la recette d’une belle histoire d’amitié parfumée aux fines herbes, on se pointe sur le coup de midi rue Rognon (ça ne s’invente pas), à Lyon. Sonia Ezgulian reçoit chez elle, dans sa coquette cuisine de 6 m2. Torchon en main, elle virevolte entre son «arbre à ustensiles», surchargé de louches, écumoires, poêles et autres râpes, et son piano de chef cuistot, sur lequel achève de bouillir un prometteur lapin à la marjolaine. Guillaume Long est là aussi, en voisin – son atelier se trouve à une cinquantaine de mètres. Comme sur la couverture et dans les pages de son nouvel album, le dessinateur originaire de Genève a enfilé un tablier rayé, estampillé «Guigui». Complices, les deux protagonistes d’A boire et à manger se taquinent pour la forme, fidèles aux personnages qu’ils incarnent dans la BD, elle gentiment autoritaire dans son rôle d’experte, lui en apprenti impertinent aux allures de Pierre Richard. «J’ai forcé le trait, bien sûr», rassure Guillaume Long tout en préparant de divins beignets de sauge aux anchois et citron (la recette figure ci-contre). «J’avais besoin d’un duo qui fonctionne bien, un peu comme dans Léonard le génie, une BD que j’adorais, enfant. J’ai endossé le rôle du disciple empoté, tout en rendant Sonia plus rigide et autoritaire qu’elle ne l’est réellement.»

Les émotions d’abord

A la lecture des premières planches, Sonia Ezgulian a froncé les sourcils. «Je me reconnaissais sans me reconnaître. Guillaume est très observateur, il a capté toutes sortes de petits détails tant vestimentaires que verbaux. Mais très vite, j’ai beaucoup ri.» On rit avec elle en feuilletant l’album tout en dégustant des mini-aubergines vinaigrées et un beurre de citron caviar à se damner (gare aux taches de graisse). «Le principe de cet A boire et à manger était d’expliquer que l’important dans la cuisine, ce sont les émotions, bien davantage que les recettes. Je voulais montrer des moments, des rencontres qui m’ont inspirée.»

Pour mettre en avant le côté instinctif de ses plats, Sonia a évoqué une dizaine de personnages truculents, aussitôt saisis à feu vif par l’ami Guillaume. En vrac, la grand-mère arménienne Payloun, une sorte de fée du quotidien; l’épicier Cédric Casanova, un fildefériste qui a abandonné le cirque pour ouvrir une échoppe proposant une ribambelle de produits issus de sa Sicile natale; ou encore l’ancien éditeur et journaliste américain Bill Buford, qui a plaqué son job à 50 ans pour devenir «commis-esclave» dans les cuisines d’un grand établissement new-yorkais. Au fil des pages savoureuses de l’ouvrage, on trouvera aussi des copains napolitains, Marie-Victorine la grand-mère auvergnate ainsi que différents charcutiers lyonnais réputés.

Recettes accessibles

L’heure tourne, on a sifflé joyeusement le Saumur Champigny 2013 et le pétillant Moscato d’Asti apportés par Damien Gateau (sic), dandy épicurien et épicier-conseil pour les restaurateurs en quête d’une carte des vins inspirée. De retour en cuisine, Guillaume Long démoule un flan au caramel dont vous nous direz des nouvelles. «Globalement, toutes les recettes sont très accessibles, le flan, c’est cinq minutes montre en main.» On tousse un peu, mais le dessinateur maître queux insiste. «Je pars du principe dans tous mes albums que les gens n’ont aucune notion de cuisine. Je joue le rôle du faire-valoir de service, un peu maladroit, pour montrer que si je parviens à mener à bien les recettes, tout le monde peut y arriver.» Même nous? Même nous.

«A boire et à manger avec Sonia Ezgulian», par Guillaume Long, Ed. Gallimard, 120 p.

Dédicace le vendredi 23 juin, 16 h 30, librairie galerie Papiers Gras, 1, pl. de l’Ile.

(TDG)

Créé: 18.05.2017, 16h33

Une succulente recette de Sonia Ezgulian pour l’apéro: beignets de sauge, anchois et citron

Pour 4 personnes. Préparation 25 minutes. Cuisson 5 minutes.

Pour les beignets : 24 anchois à l’huile d’olive,
12 beaux anchois de Sicile ou de Cetara sur la côte amalfitaine, 24 grandes feuilles de sauge du potager de mon papa, 1 citron jaune bio, 1 c. à soupe de farine, du poivre fraîchement moulu. Pour la friture: 80 g de farine, 15 cl de bière italienne, 30 cl d’huile d’arachide.

Lavez les feuilles de sauge et laissez-les égoutter.

Préparez la pâte à frire: mélangez énergiquement la farine avec la bière à la fourchette pour obtenir une pâte liquide et homogène.

Mélangez la cuillerée à soupe de farine avec
2 cuillerées à soupe d’eau pour obtenir une sorte de pâte liquide blanche qui fera office de colle pour sceller les feuilles de sauge entre elles.

Sur le plan de travail, déposez 12 feuilles de sauge, badigeonnez le pourtour des feuilles de farine mélangée à l’eau, déposez un filet d’anchois, parsemez de zeste de citron, poivrez généreusement puis recouvrez d’une autre feuille de sauge. Les anchois étant ainsi pris en sandwich entre deux feuilles de sauge, pressez légèrement l’ensemble du bout des doigts pour sceller tous les ingrédients.

Plongez rapidement les anchois à la sauge dans la pâte à frire, égouttez-les quelques instants et déposez-les dans l’huile d’arachide préalablement chauffée dans une sauteuse. Faites dorer les deux faces de ces beignets et laissez-les reposer quelques instants sur du papier absorbant avant de les servir en apéritif.

(Extrait de l’album «A boire et à manger avec Sonia Ezgulian». Toutes les recettes qui figurent dans la BD sont compilées à la fin de l’album)

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