Mercredi soir, «ZUP» déboule dans le bowl

Spectacle Le show dévolu aux arts urbains de la glisse et de la danse investit jusqu’au 11 octobre un pavillon éphémère sur la plaine de Plainpalais.

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«A J-1, tout se passe bien, bien, bien!» Nicolas Musin, rassurant dans le propos, dégage néanmoins de l’électricité comme une pile flambant neuve. A J-1, le directeur de la Compagnie Urbaine et metteur en scène de ZUP met la dernière main au spectacle dont la première a lieu ce soir. La tension sature l’air du pavillon éphémère autant que la poussière de ciment. Le vacarme des essais sonores et des planches à roulettes percutant le béton fracasse les tympans. Skateurs, patineurs et bikers déboulent dans le bowl à toute vitesse. Ils enchaînent avec une aisance époustouflante les figures d’une chorégraphie tirée au cordeau et seule la sueur qui ourle la lèvre des riders trahit leur effort titanesque.

«On est toujours dans l’urgence: impossible de commencer les répétitions avant 18 h 30, car le skatepark doit être libre dans la journée pour ses usagers, et il faut arrêter la musique à 22 h 30. C’est amusant mais épuisant», résume Nicolas Musin. «Et puis j’ai affaire à des communautés qui n’ont pas l’habitude de la discipline indispensable à la réalisation d’un spectacle de cette envergure.» Le chorégraphe et scénographe aura dès demain soir 40 personnes sur «scène»: 16 riders ou artistes de la glisse – skateboard, roller, BMX – 20 danseurs, un traceur, une voltigeuse et deux comédiens.

Laurent Deshusses en fil rouge

Le Genevois Laurent Deshusses incarne la figure masculine principale de ZUP (pour «zone à urbaniser en priorité»). Son histoire d’amour avec une danseuse sert de fil rouge à ce conte contemporain célébrant les cultures urbaines et le monde de la nuit, qui, en 22 tableaux, s’étire sur 1 h 30. Laurent Deshusses est escorté par son double, joué par Jean-Philippe Meyer, qui le guide et lui colle les pieds sur terre.

Le temps du show, le skatepark de Plainpalais s’habille d’une peau tatouée par le mapping. Ce costume de scène visuel est indissociable de l’habillage sonore, composé spécialement pour ZUP par Tim Paris, ancien DJ de carrure internationale.

Des as du BMX, des patins et du skate

Pour les artistes aussi, le compte à rebours est enclenché. «Participer à un spectacle, c’est très différent de ce que je fais d’habitude», constate Santiago. Ce prodige du BMX, âgé de 21 ans, est un habitué du skatepark de Plainpalais, bien qu’il habite à Coppet. «Il y a le mélange des disciplines, la vidéo, la musique, la chorégraphie. Le concept exige qu’on devienne une équipe. Il faut faire confiance à l’autre, autrement on se plante. Ce que nous réalisons est peut-être moins risqué, mais beaucoup plus maîtrisé: d’habitude, quand je me mets à rouler dans le bowl, je fais ce que je veux, comme je le sens. Ici, impossible.»

Diego, 27 ans, chausse ses rollers en professionnel. Il vient de disputer les championnats du monde et a rapporté de Chine une honorable 9e place. «En compétition, tu es seul, tu as une minute. Dans le spectacle, nous devons continuellement nous adapter les uns aux autres, et tenir dix ou quinze minutes. Il faut créer les figures les plus spectaculaires pour le grand public. Les connaisseurs ne seront pas déçus, car la composition est très technique.»

Valmira, Oona et les autres…

De la technique, Oona en a. Cette danseuse belge de 29 ans, formée à la Royal Ballet School, s’est lancée dans le aerial (la voltige avec cerceaux ou tissus). Elle a l’habitude de la scène et du spectacle mais, à Genève depuis le 1er août pour les répétitions, elle constate que «dans un tel projet, ce qui prend le plus de temps, ce qui est le plus exigeant, c’est de mélanger tous ces univers: la danse, le vol, le jeu d’acteur et le ride.»

Valmira, elle, vient du hip-hop. Cette Genevoise de 25 ans a achevé sa formation en sciences de l’éducation et enseigne la danse urbaine à l’étranger. «Je suis professionnelle, le trac, le public, j’ai l’habitude. Mais un tel spectacle a des exigences autres qu’une battle; l’effort est beaucoup plus long et il y a énormément de paramètres à prendre en compte: maquillage, costume et, plus que tout, les autres. Je ne peux pas être centrée sur moi-même, je dois prendre en compte le temps des autres. Ceux qui roulent ont un tempo bien différent du mien.»

«ZUP» Par la Compagnie Urbaine, pavillon éphémère sur le skatepark de Plainpalais, jusqu’au 11 octobre. Billets: www.lacompagnieurbaine.com et Fnac

(TDG)

Créé: 19.09.2017, 17h11

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