Les estampes japonaises modernes se dévoilent à la Fondation Baur

ExpositionAu XXe siècle, les gravures sur bois traditionnelles se remettent au goût du jour. A admirer au Musée des arts d’Extrême-Orient.

«Nous avons choisi cette image de Itô Shinsui pour l’affiche, car elle représente à la fois le Japon et la modernité», explique Helen Loveday, commissaire de l’exposition <i>Estampes japonaises modernes </i>à la Fondation Baur. La composition rappelle les estampes classiques, alors que le graphisme du kimono donne un aspect résolument moderne.

«Nous avons choisi cette image de Itô Shinsui pour l’affiche, car elle représente à la fois le Japon et la modernité», explique Helen Loveday, commissaire de l’exposition Estampes japonaises modernes à la Fondation Baur. La composition rappelle les estampes classiques, alors que le graphisme du kimono donne un aspect résolument moderne.

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Des estampes japonaises, on connaît surtout la période classique, celle d’Hokusai et Hiroshige. «Mais leur production ne s’arrête pas lorsque le Japon entre dans l’ère moderne, à la fin du XIXe siècle», insiste Helen Loveday, commissaire de l’exposition Estampes japonaises modernes à la Fondation Baur. A cette époque, l’estampe est en crise. L’introduction de nouveaux procédés de reproduction très rapides, tels que la lithographie et les presses rotatives, fait perdre à l’estampe une fonction importante: rendre compte de l’actualité.

Un jeune éditeur d’estampes a alors l’idée de revisiter la technique traditionnelle de gravure sur bois avec un style moderne. Il fait appel à des artistes pour décliner chacun à leur manière les thèmes traditionnels: femmes, paysages, acteurs. C’est ainsi que naît le courant artistique appelé shin-hanga, ou «nouvelle estampe».

Production peu connue

L’exposition de la Fondation Baur est construite autour des différentes catégories abordées. Après une introduction technique qui explique comment se réalise une estampe, on découvre une centaine de gravures issues d’une collection particulière, à Amsterdam. En Europe, contrairement aux Etats-Unis, ce type de production est peu connu, et rares sont les musées qui en possèdent.

La modernité des œuvres ne saute pas toujours aux yeux. Il faut bien observer les planches pour repérer ce qui les différencie de celles de l’époque d’Edo. Là, un bâtiment en briques, ici, un costume masculin à l’occidentale, ou des fils électriques.

Certaines estampes sont plus nettement inscrites dans une temporalité, comme celles représentant des constructions contemporaines. Ces images traduisent une nouvelle manière de travailler, héritée des méthodes occidentales d’apprentissage du dessin: la réalisation de croquis d’observation en extérieur.

L’approche occidentale est également adoptée pour les figures. «En se mettant à travailler en studio avec des modèles, comme l’exige une formation académique, les artistes découvrent l’anatomie, précise la commissaire. Attentivement observées, les femmes se trouvent davantage incarnées.» Il arrive en outre qu’elles soient représentées entièrement dénudées. Ce qui ne manque pas de faire scandale…

La femme moderne

Un autre type de femme fait son entrée dans l’estampe: la femme moderne, qui se maquille, fume la cigarette, aménage son intérieur à l’occidentale et sort dans les lieux branchés de l’époque. Malgré la réprobation des traditionalistes, cette femme libérée et anticonformiste devient un sujet de prédilection pour ce genre d’estampe. «Parfois, on ne voit même pas que ce sont des Japonaises», souligne Helen Loveday.

La diversité des styles et des modes de représentation est frappante dans ces images à la fois exotiques et familières. Il ne s’agit pourtant que d’une des tendances qui se dessinent entre 1910 et 1960 dans le domaine de la gravure sur bois. Parallèlement à la «nouvelle estampe» naît le sôsaku-hanga, ou «estampe créative».

Ce courant-ci, qui voit les artistes prendre en main l’ensemble du processus de création, fera l’objet du deuxième volet de l’exposition, à partir du 11 avril. Mais pour inciter les visiteurs à revenir, un billet d’entrée acheté pour la première partie est aussi valable pour la deuxième!

«Estampes japonaises modernes», jusqu’au 22 mai à la Fondation Baur, rue Munier-Romilly 8, du ma au di de 14 h à 18 h. www.fondationbaur.ch

(TDG)

Créé: 17.03.2016, 19h11

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